A P E : un échec prémédité ?

Publié le 28 septembre, par Alfred Renier


Fin mai, le gouvernement de Wallonie (PS-MR-Écolo) a clôturé l’ajustement budgétaire 2022 pour le présenter au parlement. Très rapidement, le député A. Antoine (Les Engagés) dénonce ce budget car rien n’est prévu pour permettre aux APE de bénéficier de toutes les indexations salariales dont le Bureau du Plan annonce qu’elles seront au moins au nombre de quatre durant l’année.

Sur base de ces informations, la presse a immédiatement réagi et les premiers titres étaient particulièrement significatifs : « Budget wallon : 65 000 personnes privées d’indexations », « Des bénéficiaires du système APE pourraient perdre leur emploi », « Emploi wallon : les points APE sont en sursis ».

Tenant compte de ces informations, la FIBBC s’est mobilisée immédiatement pour alerter les décideurs politiques de cette situation qui risquait de mettre à mal la survie d’ASBL et de provoquer des licenciements de personnels dans les bibliothèques publiques. Vous aurez pu lire ses différents communiqués sur le site fibbc.net. À côté de ces communiqués, la FIBBC a également lancé l’alerte par des lettres ouvertes aux Ministres du gouvernement wallon (dont aucun ne répondra), aux chefs des groupes politiques du parlement (majorité + opposition) et enfin à tous les parlementaires wallons, la presse étant bien évidemment systématiquement informée

Lors des réunions des diverses commissions du parlement qui doivent toutes donner un avis sur le budget d’un ministre, la question de l’absence du financement des indexations salariales pour les APE a été évoquée. Chaque fois la majorité gouvernementale n’a pas accepté de modifier l’orientation prise, même si des parlementaires, tant de la majorité que de l’opposition, ont fait mention de leurs craintes pour l’avenir du personnel APE, demandant que des solutions soient trouvées, voire mieux en ont proposées.

Lors de la commission du budget du 15 juillet 2022 chargée de faire la synthèse des avis et des remarques des autres commissions parlementaires, et ce en vue de la réunion plénière du 20 juillet durant laquelle le Parlement serait amené à statuer sur l’ajustement tel que présenté ou à l’amender, une fois de plus tous les projets d’amendement en faveur des APE ont été rejetés par la majorité (PS-MR-Ecolo).

Il restait donc quelques jours pour que majorité et opposition puissent se rencontrer afin d’arriver à une proposition faisant consensus pour trouver des solutions. La presse titrait d’ailleurs « APE : Un geste d’ici à mercredi ? » ; un éditorialiste lançait une exhortation : « Soyons créatifs ! »

Lors de la séance plénière, malgré des regrets de parlementaires, mais surtout une volonté déterminée de ne rien changer de la part du gouvernement (PS-MR-Écolo), la majorité a adopté l’ajustement proposé par son gouvernement et refusé toute modification.

La situation est donc claire : échec total pour le secteur associatif puisqu’aucun financement complémentaire, ni aucune modification décrétale pour permettre un application immédiate de suivi des indexations salariales ne sont prévus.

La Ministre de l’emploi (PS) a reconnu toutefois qu’elle ne sous-estime pas la préoccupation des associations en promettant à la rentrée de réexaminer la question de l’indexation, tenant compte de la situation exceptionnelle vécue, dans le cadre de la réalité budgétaire à laquelle est confrontée la Wallonie.

Nous voilà donc fin juillet avec une absence d’ajustement du financement pour l’année 2022 votée par le Parlement et une promesse de réétudier la question à la rentrée.

Une promesse n’est pas un engagement, et « étudier » ne veut pas dire vouloir une solution. Hélas …

Avec tristesse nous constatons que l’emploi APE n’est une priorité ni du gouvernement wallon ni de la majorité parlementaire, alors que toutes les personnes qui travaillent avec ce statut APE occupent des tâches essentielles pour tous les citoyens.

Quant aux responsables des associations, ils devront se montrer responsables (ce qu’ils sont puisque depuis de très longues années, des décennies pour certains, ils ont créé de l’emploi de services à la population) pour tenter de sauver ce qui peut l’être, éviter la fermeture totale d’ASBL.

Ils n’auront d’autre choix que de passer la mort dans l’âme à des licenciements.

L’été a été dévastateur.

L’automne sera consacré à relancer les débats pour espérer une solution globale en 2022, et non partielle car alors elle serait partiale. En 2023, il sera trop tard.