Publié le 8 octobre, par
« Au lieu d’aller à l’école, la maîtresse est entrée dans les bois… ». Par cet étonnant renversement débute le premier roman énigmatique de Maddalena Vaglio Tanet, finaliste du prix Premio Strega (équivalent du Goncourt). L’autrice y met en récit, à la manière d’un conte noir, un fait divers réel ayant touché sa famille et ébranlé profondément la communauté d’un petit village du Piémont dans les années 70. Une fillette de dix ans s’est noyée, suicidée. La maîtresse tant aimée et aux comportements si étranges a disparu. Dès lors, un vent d’inquiétude se propage parmi les villageois : Où est Silvia ? Et surtout, la mort de la petite Giovanna a-t-elle un lien avec sa disparition ? Ce roman surgit de ces interrogations, restées sans réponse même des années plus tard, et les comble grâce à l’imagination. La narration volontairement lente et contemplative de ce récit épouse le besoin de Silvia de suspendre le temps tandis que l’écriture traduit avec une rare sensibilité l’ampleur de son désarroi. La forêt (silvia en latin) omniprésente, refuge physique et miroir de l’âme, est aussi un personnage en soi. C’est là que souvenirs, rêves et ombres de l’enfance elle aussi traumatisée de la maîtresse remontent en écho de ceux de la petite Giovanna. La mort de son élève dont elle s’était faite protectrice, la submerge de culpabilité. Mais à qui celle-ci incombe-t-elle vraiment ? Dans cette atmosphère troublante, c’est aussi le portrait de tout un village en proie à la sidération qui s’esquisse en arrière-plan. Enfin, comme dans les contes de fées où se sont souvent les enfants qui résolvent les problèmes et protègent les grands, l’auteur tisse avec finesse la rencontre inattendue et salvatrice entre Silvia et Martino, jeune garçon récemment installé dans ce village pour guérir son asthme.
Un roman d’introspection, de questionnements sur le rôle de chacun et de résilience où les enfants deviennent grands et les adultes tout petits !
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