La Baronne perchée

Publié le 8 octobre, par Chloé Geron


Delphine Bertholon, La Baronne perchée, Éd. Buchet/Chastel, 2025

Et si s’élever vers la cime d’un arbre laissait entrapercevoir les racines dissimulées d’un socle familial malade. Delphine Bertholon, autrice française multiprimée, poursuit, dans son dernier roman, La Baronne perchée, édité en 2025 aux éditions Buchet et Chastel, son exploration des histoires familiales et de ce qui nous marque à l’adolescence pour nous tourmenter parfois jusqu’à l’âge adulte. Billie atteint les branches basses de l’adolescence et entend à cette occasion, faire réagir son père. Entre eux, un fantôme, celui de Mathilde, la mère que Billie n’a jamais connue et dont elle ignore les raisons du départ prématuré mais semble-t-il résigné. Il est désormais temps, la jeune fille enclenche le détonateur : elle fugue, non loin, dans le parc d’accrobranche abandonné juste à côté, laissant pour seul indice un exemplaire du Baron perché d’Italo Calvino sur son lit. Pour Léo, son père, le compte à rebours est lancé : retrouver sa fille avant que la police et les services sociaux ne soient mis au courant et les séparent. Un mystérieux personnage fait alors son apparition et désamorce la bombe. Il s’agit d’un autre père cette fois, celui de la mère de Billie, Robert qui est parti à la recherche de sa petite-fille dont il ignorait jusque-là l’existence-même. Pas d’explosion donc, mais la porte du placard s’ouvre un peu plus et la parole se libère. Dans ce récit à la 3e personne, la romancière nous lance ainsi sur la piste de trois générations, mais à travers elles, c’est la parentalité d’hier et d’aujourd’hui qu’elle interroge : d’une paternité fuyante et d’une maternité dévouée jusqu’à l’abnégation voire jusqu’à l’obsession maladive… Elle interroge la culpabilité de ces pères que les mentalités ont poussé à n’accepter qu’un rôle de figuration parentale. Mais loin d’être moralisatrice, Delphine Bertholon paraît suggérer une parentalité multiforme où il s’agit avant tout de construire un cadre affectif équilibré et sécurisant voué à l’épanouissement de la famille. Vous laisserez-vous tenter par une ascension sylvicole en solitaire pour retourner plus sereinement ensuite auprès de vos proches ?