Déjà 20 bougies soufflées pour le Centre de documentation de l’Ourthe moyenne

Publié le 20 mai, par Chloé Geron


 

En octobre dernier, dans le cadre enchanteur de l’Arboretum Robert Lenoir et au sein de l’ancien moulin à eau de Rendeux, le Centre de documentation de l’Ourthe moyenne a fêté ses 20 ans d’existence. Découverte d’anciennes affiches d’expositions, vente de livres régionaux, exposition du fonds photographique Hemmer-Gillet consacré à Hotton (au XXe siècle) et discours autour d’un verre de l’amitié ont rythmé ce temps de célébration et de retrouvailles. Il tenait à cœur de la FIBBC d’être présente pour l’anniversaire de ce partenaire, avec lequel elle collabore depuis plusieurs années dans le cadre notamment de ses formations.

 
L’occasion de revenir sur l’histoire de cet endroit et le chemin parcouru depuis l’initiative collaborative portée par le Groupe d’Action Locale Ourthe moyenne, ainsi que les quatre communes de Durbuy, Hotton, Rendeux et La Roche-en-Ardenne, grâce au financement européen Leader+ et à celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est au milieu des années 2010 que l’asbl Lire au fil de l’Ourthe est créée, puis reconnue, pour le développement de la bibliothèque à La Roche et l’orientation régionaliste au Centre de documentation de Rendeux, rejointe enfin, il y a quatre ans, par la commune de Tenneville dans le cadre du deuxième PQDL en catégorie 2.
 
 
« À l’origine, le projet s’est installé au moulin de Bardonwez, propriété de la Région wallonne, par l’intermédiaire de bénévoles et passionnés qui ont entrepris de rassembler toute la documentation possible traitant du territoire pour y établir une « Mémoire de l’Ourthe » (moulins, ponts, recettes, vie quotidienne, etc.). Un comité technique a ensuite pris place, composé d’historiens et d’autres acteurs locaux dont plusieurs personnes issues du monde des bibliothèques. Et enfin, le Centre se professionnalise lorsqu’il est rejoint, dès 2003, par Noëlle Willem. », nous contextualise, dans son discours, Lucienne Dethier, présidente de l’asbl.
 
 
En complément des fonds locaux des bibliothèques reconnues sur le territoire, le Centre de documentation a pour objectif de mettre à disposition des populations une information diversifiée sous de multiples formes (photos, livres, périodiques, cartes postales, plans, expositions, etc.) et concernant différentes thématiques (faune, flore, hydrologie, vie des femmes sous la Seconde Guerre Mondiale, …)
 
 
Sa bibliothécaire, Noëlle Willem, se rappelle encore, avec émotions, de l’inauguration il y a plus de vingt ans, en pensant aux politiques, familles, partenaires et auteur·rice·s qui ne sont plus là aujourd’hui pour fêter cet anniversaire. Et de songer encore avec joie à ses premiers passages au village du livre de Redu, lors du week-end du régionalisme, pour parcourir une exposition, découvrir et acquérir de magnifiques sélections d’ouvrages des 19e-20e siècles liés au patrimoine, comme par exemple « Les Ardennes de Victor Joly, ce merveilleux imprimé, daté de 1857, avec gravures sur bois et lithographies, le tout illustré par Martinus A. Kuytenvrouwer… »
 
 
De nos jours, comment se constituent et se développent les collections du Centre de documentation ?

N. W. Aujourd’hui, les 10 000 documents conservés à Rendeux, empruntables ou au minimum consultables, sont le point de départ des collections qui s’enrichissent continuellement de nouvelles références bibliographiques, mais bénéficient également de la récolte d’une mémoire vivante et collective. En effet, celles-ci sont valorisées et explorées lors d’animations et « actions participatives » (conférences, ateliers, expositions, inventaires patrimoniaux…) auprès de la population et des acteurs locaux. Le partage et la découverte de livres anciens et rares avec le lecteur sont des moments précieux. Les fonds spécialisés (photographies, livres, fardes de recherches, pièces de théâtre en wallon, etc.), au nombre de cinq, permettent par ailleurs de sensibiliser les enfants à la question de la nature et de l’histoire locale.
 
 
Comment le Centre contribue-t-il à valoriser cet important patrimoine régional au-delà de ses murs ?

N. W. Les thématiques étudiées, comme l’histoire du tourisme et les anciens métiers, génèrent beaucoup d’intérêt de la part des habitant·e·s, mais aussi des spécialistes dont les recherches au Centre permettent de déboucher sur des publications et rendent possible des expositions sur le sujet. De plus, les collections sont ouvertes au prêt-inter. Elles sont visibles au catalogue provincial et peuvent nourrir les fonds patrimoniaux des bibliothèques locales en demande.
 
 
Dans une société en constante digitalisation et où les pratiques de lecture changent, comment les missions du Centre de documentation sont-elles vouées à évoluer ?

NW : Il doit en effet s’adapter. En plus de l’après Covid qui a vu nos lecteurs modifier leur relation au livre, nous devons envisager le centre de documentation du futur. Le réseau des bibliothèques est très important et les prêts inter-bibliothèques ont explosé à Rendeux. Depuis 20 ans, nous avons tissé beaucoup de liens avec des personnes-ressources du territoire, des partenaires privilégiés, et le Centre de documentation est devenu un relais entre toutes ces ressources et notre lectorat. Nous envisageons de nous focaliser sur nos fonds spéciaux : la mise à jour du catalogue avec le fonds de l’Union Culturelle Wallonne — section de la Province de Luxembourg — se termine et sera visible prochainement sur notre site internet. Nous pensons numériser ensuite ces 250 pièces de théâtre en wallon afin de les rendre directement téléchargeables. Le fonds « Des moulins et des hommes » de Jacky Adam –— auteur régional présent lors des festivités—, se construit et le fonds des cartes postales est en réflexion. Un des prochains objectifs du Centre de documentation sera de mettre en lumière ses fonds spéciaux, d’en faire la promotion et de les faire vivre via des ateliers, des expositions, etc.

Le Centre ne compte pas s’arrêter là et souhaite également devenir un lieu de référence pour orienter les recherches sur internet (Archives Arolsen, CegeSoma, Neptune, Archives Agatha, Calica, Cartesius…) et vers les services numériques de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Lirtuel, Perioclic, Samarcande…). Nous voilà face à un Centre de documentation qui se modernise tout en conservant le charme et l’expertise de son ancrage régional et rural. En collaboration étroite avec ses collègues du réseau local Lire au fil de l’Ourthe, Nathalie Hottat et Raphaël de Lamotte — aux bibliothèques et ludothèques de La Roche-en-Ardenne et de Tenneville —, Noëlle Willem poursuit son engagement pour l’accessibilité d’un patrimoine diversifié, transversal et participatif, contribuant ainsi à l’émancipation culturelle de ses publics en province de Luxembourg.

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