• Tangente vers l’est

  • 15 octobre 2012, par Sylvie Hendrickx

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  • Cherchant à fuir le transsibérien qui le mène vers son destin, un jeune conscrit se découvre une singulière alliée. Un huit clos intense à l’écriture audacieuse.

DE KERANGAL Maylis, Tangente vers l’est, Editions Verticales, 2012

Peut-on rêver traversée plus mythique qu’à bord du transsibérien, le long des forêts denses et des plaines de la toundra, dans le confort suavement orchestré par les provodnista, ces belles et charmantes hôtesses russes… ?

Le voyage d’Aliocha, que les pages de ce livre nous invitent à découvrir, est cependant très loin de cette image d’Epinal !

Embarqué à Moscou parmi des centaines d’autres conscrits anonymes avec pour tout bagage l’ennui et l’attente incertaine, il est entrainé sans issue en direction de l’expérience limite : la Sibérie et sa vie de caserne. Dans ce carcan de métal où l’angoisse des jeunes recrues se vit au rythme cadencé, interminable et hypnotisant des rails de chemins de fer, le jeune homme nourrit des rêves d’échappée. Déserteur traqué, il cherche asile dans le compartiment d’Hélène, jeune voyageuse française que ce train éloigne d’un amour passé. Dans les aléas de cette cohabitation forcée et périlleuse, aux frontières de leur déroute, ces étrangers tenteront de trouver en l’autre l’élan de leur fuite.

Ce récit bref, huis clos tendu vers l’extérieur, se nourrit d’une narration forte et d’une grande liberté de ton, oscillant sans cesse entre le sordide des hommes de troupe et la poésie fulgurante de la fuite et de l’espoir. L’écriture alerte, pétrie d’instantané, nous happe dans le sillage de paysages d’une beauté concise et sensorielle tandis que se délient au fil des pages deux vies et deux rêves dans leur intensité.

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