• Rien ne s’oppose à la nuit

  • 23 avril 2012, par Sylvie Hendrickx

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  • Delphine de Vigan nous livre un authentique et captivant retour sur son passé familial pour reconstruire le souvenir de la mère et questionner sa part de souffrance.

De VIGAN Delphine, Rien ne s’oppose à la nuit, Jean-Claude Lattès, 2011

Dans ce récit, qui plonge, sans faux-semblants, dans les méandres du souvenir familial, Delphine de Vigan relève un double défi : faire revivre la mère disparue au travers de petits récits volés au temps, et, parallèlement, questionner le cheminement qui a fait de celle-ci un insondable mystère, personnalité à la fois forte et fantasque, fragile et éteinte.

En effet, l’interrogation est constamment au cœur de la démarche ! Comment approcher l’origine de la souffrance maternelle, sa part constitutive de l’être aimé ? Comment suivre l’éveil de la tragédie sans perdre pour autant le plus précieux, le plus heureux ? Entre mots dits trop haut et mots non dits pointe ici, à travers le drame, l’ambivalence de tous les êtres et de toutes les familles.

Un élan puissant vers le souvenir livré avec ses hésitations, ses contradictions, ses failles et toute la réflexion qui accompagne la démarche de mémoire et le cheminement de l’écriture, instinctif, raisonné, parfois suffocant. Le fil du souvenir captive, tissé entre la parole des uns et des autres comme une matière vivante et collective.

Chacun laisse sa part de traces, douloureuses et lumineuses. Ce sont bien des vies et non une seule qui se racontent au cœur de ce récit dans une langue terrible et belle jusque dans la douleur et l’incompréhension. Il fallait oser faire revivre ces âmes du passé, sonder leur intériorité pour espérer trouver au fond des choses, au fond de soi peut être, enfin, une lumière à opposer à la nuit.

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