• Réveils

  • 22 novembre 2010, par Françoise Vanesse

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  • Chaque bibliothécaire, enseignant, animateur, est un éveilleur d’imaginaire. En correspondance avec la rentrée scolaire, nous avons sélectionné ces lignes et ces images qui, tantôt invitent à pousser la porte de la poésie, tantôt nous immergent, sans barrière d’âge, au cœur de l’émotion. Pour le plaisir tout simplement mais aussi et surtout pour tenter de nourrir cette question qui anime chacune de ces professions : que souhaitons-nous réveiller cette année ?

Joëlle Ecormier, La pêche aux mots, Motus, 2009

Tout écrivain ou écrivant est un pêcheur de mots !
Partant de cette métaphore prometteuse, Joëlle Ecormier nous propose ici une plongée très poétique au cœur des eaux dans lesquelles baigne tout travail d’écriture. Et la pêche est miraculeuse ! Car, d’une ligne à l’autre, l’auteure évoque avec humour, dérision, poésie et talent les différentes facettes de l’acte d’écrire. Quiconque côtoyant l’écriture au jour le jour restera en éveil devant ces descriptions justes et sincères. Mais surtout sera pris dans les filets de ce texte sensible et riche illustré de croquis simples aux allures de BD, le tout sur fond noir ! Ce petit album insolite paru dans la collection Mouchoir de poche de la très innovante maison d’édition Motus est donc une bonne pêche à plus d’un titre. Il pourra sans aucun doute alimenter un atelier d’écriture mais surtout se découvrir tout simplement pour le plaisir de se laisser submerger par les savoureuses et multiples variations que le mystère de la création littéraire a inspirées à l’auteure.
F.V.

Au pays de Maurice Carême, Béatrice Libert, éd. Couleur Livre, collection l’Horizon délivrée, Bruxelles, 2010 :

Fruit d’une belle rencontre chaleureuse lors du Week-end Montmartre-Cointe 2010 avec cette poétesse accueillante ouvrant ces jardins à l’art et à la poésie, Béatrice Libert nous offre un merveilleux voyage au pays de Maurice Carême où selon ses mots : « Regarder, lire, écrire, créer sont fêtes pour les yeux, l’esprit et le cœur ». Animant des ateliers d’écriture et des journées de formation autour de la poésie après avoir enseigné durant 35 ans, elle propose ici un riche ouvrage pédagogique doublé d’un florilège poétique issu de la francophonie. Cet ouvrage s’adresse largement aux animateurs, enseignants, parents et à toutes celles et tous ceux qui rêvent d’écrire en poésie car c’est un bien précieux à promouvoir dans l’éducation. Et comme Antoine de la Garanderie le souligne dans son introduction : « L’éducation de l’imagination créative commence au berceau de l’enfant ». C’est donc une occasion de (re)-découvrir ce poète majeur de l’enfance au travers d’un foisonnement d’activités à orchestrer selon sa propre partition qui passionneront petits et grands. Tenant compte des compétences à atteindre dans l’enseignement primaire et secondaire et au-delà d’une série de fiches pédagogiques, les parents et autres éveilleurs de l’imaginaire y trouveront aussi liberté, sources et idées lumineuses pour éveiller la dimension créatrice de chacun et « maintenir la poésie là d’où elle rayonne, c-à-d, au centre de l’être ».
Chez le même éditeur, Béatrice Libert a également signé un précédent manuel didactique Au Pays de Magritte, regarder, lire, écrire, créer paru en 2009.
V.D.

Haïku le Géant des saisons, Arnaud Hug, éd. Alice Jeunesse, Bruxelles, 2008(2009) :

Comme chaque matin dans le pays de Léna, le ciel est toujours le même : sans lumière, sans couleur, même le vent a perdu son souffle, plus rien ne pousse et les oiseaux ne chantent plus mais aujourd’hui Léna veut une explication. Sans attendre elle traverse la ville pour questionner Papi Sétou, son grand-père, qui déposant ces pinceaux lui apprend en couleur et en poésie qu’autrefois il y avait des saisons : le soleil, la pluie, la neige... c’était la mission d’Haïku le géant. Or il semble s’être endormi depuis longtemps et les saisons avec lui. Emportant le petit carnet de poèmes, des haïkus, où son grand-père a noté ses souvenirs des saisons, Léna décide d’entreprendre un fabuleux voyage pour partir à la recherche du géant et le réveiller. Mais parviendra-t-elle à le retrouver et à le convaincre de faire revenir les saisons sur terre ?
Un magnifique hymne écologique et poétique sur le thème plus qu’actuel des changements climatiques, la beauté de la nature et l’importance de la préserver.
Inspiré des estampes japonaises avec des cerisiers en fleurs, des cailloux mystérieux et d’immenses vagues ondulantes, ce grand album magnifique nous emmène à travers sa poésie et ses superbes illustrations dans un univers comme suspendu à une vague.
V.D.

Zazie SAZONOFF, Mots de tête, Editions du Rouerge, 2002

« Des mots, des mots, j’en ai plein la tête. Mais comme je n’ai pas le droit de les dire, ils ne peuvent pas sortir et là-dedans çà commence à bouillir ! »
Ainsi débute cet album qui nous propose un périple au cœur de l’univers des mots qui nous habitent mais aussi parfois nous hantent si nous ne pouvons pas les exprimer... Qu’ils soient grands, doux, graves, chantants ou très gros... tous ces mots doivent sortir de notre tête et nous devons pouvoir les exprimer au risque de souffrir de « mots » de tête ! Cette structure de récit très simple et poétique sur le thème de la nécessaire expression, parlera sans aucun doute aux enfants immergés, dès leur plus jeune âge, dans un pays de mots gouverné essentiellement par des adultes détenteurs de vérités et de repères pas toujours faciles à comprendre voire à accepter... Mais il éveillera aussi l’intérêt des professionnels en recherche de pistes d’animations. Premièrement, car la lecture de cet album très inventif et surtout humoristique invite à ouvrir le petit robinet de notre imaginaire et à laisser couler des vagues de mots certes tous différents les uns des autres mais combien personnels. Deuxièmement, car la mise en page très originale libèrera tous les imaginaires même les plus récalcitrants ! Comment, en effet, résister à ce bataillon de fourchettes piquées de mots graves ou à ces mots de très grande taille évoquant bien sûr la grandeur mais surtout la profondeur ? Les illustrations, composées de nombreux collages et d’ajouts de photographies d’objets parfois insolites confèrent à ce bel album de légers accents surréalistes. Une fois de plus, les éditions du Rouergue proposent ici un parcours de qualité tant sur les plans littéraires que graphiques. Dès ce livre refermé, vous vous sentirez légers... comme une feuille de papier !
F.V.

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