• Résonances...

  • 27 mai 2005, par Françoise Vanesse

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  • A l’occasion d’une exposition de photographies signée
    par Charles Henneghien sur le thème du Moyen-Age et présentée dernièrement au Centre Multimédia Don Bosco de Liège, nous vous livrons quelques textes écrits en résonance avec ces images d’une époque toujours bien vivante...

L’exposition de photographies de Charles Henneghien présentée dernièrement au Centre Multimédia Don Bosco était une véritable invitation à un périple en histoire et en poésie.

Le Centre Multimedia Don Bosco. Photo de Marc Peeters.

En effet, cette soixantaine de cadres proposaient non seulement de découvrir des photographies évoquant le Moyen-âge mais aussi nous conviaient à un dialogue avec une des périodes les plus riches de notre parcours.

Le but de l’artiste n’est manifestement pas de nous offrir une vision unilatérale de ce Moyen-âge. La mise en scène des photographies est telle que l’hier et l’aujourd’hui dialoguent pour nous présenter certes des images du passé mais surtout leur résonance et leur écho dans nos coutumes ou rites d’aujourd’hui.(1)

De quoi conclure que cette période est toujours bien vivante...

Afin de continuer le parcours de cette exposition et de perpétrer l’invitation au dialogue qu’elle nous a inspirée, nous vous livrons dans les lignes qui suivent différents textes écrits en résonance avec ces photographies.
Ils sont signés par Gérard Durieux, responsable de la section religions au Centre Multimédia Don Bosco.

Avec lui, nous vous souhaitons un agréable voyage... en poésie.

Abbatiale de Conques - Aveyron
Photo de Charles Henneghien

Il avait fui les ciels trop bas qui plombent les rêves.

Partir.

Depuis des jours il marchait.

Seul.

Et à nouveau, il foulait la lumière.

Le regard brûlé au feu des jonquilles, blessé au soleil blanc des drailles.

Inexorablement.

N’étaient le chant des clarines et la neige apaisante des narcisses, il aurait renoncé. Il serait revenu à ses impasses.

Mais les vents fous du haut plateau d’Aubrac n’avaient pas eu raison de la musique obstinée qui lui chantait à l’âme. Fragile pourtant, pareille à l’oiseau qui s’affole au pli des paumes.

Il se laissa glisser jusqu’aux rives verdoyantes du Lot.
Au bout des pentes de silence où il n’y a plus que soi, Conques monta des brumes.
Il faisait neuf comme à chaque matin surgi des gorges de l’Ouche.

Au fond du puits mauve de schiste et de granit, avenant ou revêche selon l’heure, l’abbatiale romane l’attendait en veillant sans faillir sur les demeures de grés rose...

Ainsi, une fois encore, il écouterait le souffle léger des courbes noir et blanc que Soulages aquarelle pour inonder de vitraux inédits la pierre aveugle.

Et tant pis si des conteurs de balivernes lui resservent pieusement l’aventure d’improbables reliques.

Il choisirait la nuit pour se glisser dans la troupe espiègle des petits « curieux » du tympan majuscule.

En (p)riant avec eux , il réapprendrait à regarder son monde de feu et de sang, sans perdre cœur.

Alors, il le pressentait, en ce lieu de haut passage, la paix redeviendrait pour longtemps la compagne de ses chemins inaboutis.

Etrange tronc sacré qu’habillent ces tissus intimes et domestiques, épinglés de photos et de billets, criblés de cris de peine, saturés de mercis.

Ex-voto singuliers ou litanies incantatoires confiés au bois pour conjurer le sort qui n’en finit pas de clouer au sol du malheur, les miséreux de toujours.

« L’arbre à clous » est d’ici et il est d’aujourd’hui.

Mais c’est même douleur et même désarroi depuis la nuit des temps.

La même longue rumeur alentour.

En ces terres de Hainaut, l’arbre est l’élu des confidences chuchotées, comme ailleurs les fontaines, les sources et les grottes, une cascade ou l’anfractuosité d’un rocher. Là-bas encore, au pays des oliviers, c’est la faille d’un mur antique qui recueille la lamentation ou l’action de grâces. Sur toute la terre des « lieux » choisis d’imploration et pour l’espoir.

Et pourquoi en sourire ? Que sait-on de l’hébétude qui conduit aujourd’hui encore aux guérisseurs et marabouts ? Vers les officines à reliques ou les marchands de gris-gris. Pour exiler la mort, avec une ferveur désespérée.

A deux pas du géant maquillé d’oripeaux, la croix minuscule chante à contre-jour l’amour crucifié.

Et quelques fleurs de gratitude, comme une poignée de clous de lumière, éclairent à leur tour cet arbre dérisoire et nu.

Nous vous livrons ci-dessous quelques photos et serions heureux de découvrir les textes qu’elles vous inspirent...
D’avance, merci.

Bénitier à lépreux - église d’Artins - Vallée du Loir
Photo Charles Henneghien
Halles de Brancion- Bourgogne
Photo de Charles Henneghien
Clocher à peigne - Auvergne
Photo de Charles Henneghien

Lire également dans la même rubrique et sur la même exposition : "Dialogues avec le Moyen-âge".

(1) Charles Henneghien, médecin mais aussi professionnel de la photographie. Passionné par les voyages et les reportages, il propose différentes expositions sur le Maroc ou d’autres pays d’Afrique mais aussi sur des sujets historiques.
Actuellement visible : "Sur la route des Croisades" : une exposition organisée par la Fédération du Tourisme de la Province du Hainaut. Jusqu’au 30 octobre 2005 au Plan incliné de Ronquières.

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