En savoir plus sur l'auteur

Les mots-clés de l'article

Il n y a pas de mot-clé

  • Regards croisés sur la fête de Noël

  • 14 décembre 2004, par Gérard Durieux

    Il y a 0 commentaires.

  • Dans les lignes qui suivent, Gérard Durieux, responsable de la Catéchèse du Centre Multimedia Don Bosco à Liège, nous livre quelques références en correspondance avec le thème de la fête de Noël...

ROUANET Marie, Douze petits mois, DDB, 1998

Dans l’intéressante collection « Littérature ouverte » où elle voisine avec d’autres très estimées consœurs (Germain S., Nys-Masure C. ...), la romancière du pays d’oc, qui tient chronique mensuelle dans la revue
« Prier », nous a donné ce petit volume plein de verve et de densité. Voilà un texte charnel autant que d’exigence spirituelle.

Le prétexte : du matin du 26 décembre au soir du 6 janvier, il y a 12 jours - Jean-Pierre Otte, autre conteur enraciné, nous a appris naguère que l’on attribue à ces jours des dons divinatoires. Dans les campagnes, on croyait qu’ils annonçaient les temps du ciel pour toute l’année à venir.

Marie Rouanet s’empare de cette croyance pour nous emmener, jour après jour, dans une lente avancée vers le dépouillement nécessaire.
Cette entreprise de désencombrement pour naître davantage constitue un véritable petit traité du détachement : des objets, des vêtements, de l’image de soi, ... tous les
« trop » de la vie... Rien pourtant de moralisant. Mais une lucidité souriante et contagieuse.

NYS-MAZURE Colette, Célébration de Noël, DDB, 2000

L’auteure nous est connue et chère. « Célébration du quotidien » où la poétesse tournaisienne nous écrivait de mille lieux de vie, est un petit livre précieux à reprendre sans modération. Les « Contes d’Espérance » racontaient la vie simple, douloureuse et merveilleuse. On relira avec bonheur en ces jours ces nouvelles qui nous parlent au cœur du quotidien d’un Noël toujours recommencé. Et puisque le goût nous sera venu de ces pages humaines, très humaines pourquoi ne pas ouvrir avec le même appétit « Sans y toucher » : un recueil de textes courts parus à la
« Renaissance du livre » qui tournent ici encore autour de l’enfance mise en question, de l’amour à l’épreuve de la durée, de la complexité des relations humaines, de la solitude des villes et de leur violence... Pas de théorie mais un regard aimant.

Dans « La chair du poème » (Albin Michel, 2004) elle nous offre une petite initiation à la vie poétique. La poésie nous est ici proposée comme une réponse nécessaire à la barbarie. L’érudition évidente de cette ancienne enseignante de lettres se fait pourtant ici légère ; sa parole médiatrice ne s’impose pas mais avec justesse nous donne à voir et à entendre ces résistants de l’âme par-delà les violences.

Aussi, parcourir « Célébration de Noël », ne sera pas s’évader dans le spirituel fumeux. A travers de courts poèmes, de brefs récits et des références du temps liturgique de l’Avent, elle nous invite à une intériorisation du mystère de Noël.

A partir des naissances les plus quotidiennes, elle contemple la Nativité, ce surgissement qui redonne un élan à toute vie au plus dense de notre monde à feu et à sang. Quelques belles photographies de Edouard Boubat* achèvent de faire de cette petite plaquette une préparation adéquate et sensible à une « célébration » personnelle de Noël : accueillir toute fragilité.

* Voir le très bel album : BOBIN-BOUBAT, Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, Gallimard, 1996.


ETCHEGOIN Marie-France et LENOIR Frédéric, Code Da Vinci : L’enquête, Robert Laffont, 2004

Le livre de Dan Brown, « Da Vinci Code », connaît un succès considérable en français : après les Etats-Unis, des millions d’exemplaires vendus. Outre un succès de marketing, ce phénomène semble signaler un fantastique engouement pour le domaine de l’ésotérisme.

Dix-sept livres ont déjà été publiés sur ce gros roman haletant que certains ont dévoré, que d’autres se préparent « à avaler durant les vacances de Noël » (sic). Sans rien enlever d’avance au plaisir évident de la lecture, peut-on ici suggérer le recours au précieux livre de Lenoir et Etchegoin, respectivement directeur de la rédaction du « Monde des religions » et grand reporter au
« Nouvel observateur ». Une double carte de visite qui « autorise » leurs 300 pages et qui tranchent sur les soi-disant « décodeurs » qui intoxiquent et entretiennent la confusion sous couvert de connaissance rigoureuse.

On trouvera ici un volume précis, clair, aux informations fondées.

Au surplus, l’écriture n’a rien à envier à celle, envoûtante, du roman. Toutes les grandes questions soulevées par Brown sont traitées avec compétence : le prieuré de Sion, le mystère Léonard de Vinci, Jésus et Marie-Madeleine, la conspiration catholique. Le glossaire constitue une précieuse mise au point sur des thématiques qui traversent le récit Brown. Une solide bibliographie permettra en outre de s’orienter dans le maquis des « recherches » de tous genres.

Bref, un ouvrage qui permet de prolonger le plaisir d’un roman écrit de main de maître mais qui invite au recul historique afin de ne pas lire idiot.


SCHMITT E.E., Mes Evangiles, Albin Michel, 2004

On ne présente plus cet auteur adulé. Il n’aurait pas besoin de ces lignes. Deux mots seulement ajoutés au concert de louanges : en ces temps de Noël, ce texte mérite quelques heures de lecture « silencieuse ».
« L’Evangile selon Pilate » est paru en 2000. Le présent ouvrage en est la réécriture théâtrale.

Dans un avant-propos inhabituel, Schmitt nous confie les étapes de son itinéraire de croyant et précise comme suit l’intention de ce nouveau texte. Tout sera dit : « J’aime le théâtre pour ce qu’il offre de concis, de brutal, de fort et d’urgent. C’est si bref, une représentation, qu’elle doit se limiter à l’essentiel."

Voici donc ce rêve dramatique. Il ne s’agit pas d’une adaptation mais d’une réécriture, d’un texte différent, plus vif, plus nerveux. Les deux personnages principaux, Jésus et Pilate, vont être confrontés à quelque chose d’énorme, d’incompréhensible, deux événements qui nécessairement leur échappent : une résurrection pour Pilate, sa messianité pour Jésus. Incarnation. Résurrection. Les deux piliers du christianisme. Les deux parties de ce livre... Si j’ai appelé mes deux textes "Mes évangiles", c’est pour signifier que je n’y délivre aucune vérité, seulement ma vision très subjective des choses... N’avons-nous pas, tous, croyants ou incroyants, fabriqué un cinquième évangile ? (op. cit pp 10-12)


GRUN Anselm, Petite méditation sur les fêtes de Noël, Albin Michel, 1999

Ce moine bénédictin à l’abbaye de Münsterschwarzack en Allemagne* est assurément un des champions de l’édition religieuse contemporaine. Ses dizaines d’ouvrages sont en effet traduits dans une infinité de langues. C’est que, dans un style limpide immédiatement accessible, il
« revisite » les grands thèmes de la foi et les interrogations humaines permanentes à la lumière de l’Evangile et des enseignements de la psychologie des profondeurs.

S’attachant ici en 50 petits chapitres aux éléments, images, traditions qui habitent, parfois avec nostalgie, notre mémoire croyante ou non, il les dépouille de leurs habits de folklore pour nous aider à en retrouver toute la richesse de spiritualité et de sagesse. Alliant une fois encore simplicité de ton et érudition, il nous invite à redécouvrir non seulement les sens de Noël et les fêtes qui s’y rattachent mais également, par exemple, la symbolique vivante de la couronne de l’Avent, de l’étable, des anges, des mages, de la Chandeleur...

*P.S. : Pour mieux connaître cette figure qui s’impose aujourd’hui comme guide à travers ses œuvres et les retraites spirituelles qu’il accompagne auprès de milliers de jeunes dans son abbaye, on lira avec profit : « Jésus, un message de vie » (DDB 2002) et « Le trésor intérieur » un livre d’entretiens paru en 2004 chez Fidélité.


GERMAIN Sylvie, Songes du temps, DDB, 2003

L’abondante production romanesque de Sylvie Germain se double d’une œuvre d’essais. Celle-ci est tout aussi reconnue et l’auteur y excelle. Les échos du silence, (DDB, 1996), Ethy Hillesum, (Pygmalion 1999), Mourir un peu (DDB 2000) en sont de très notables exemples.

Dans « Songes du temps » elle médite sur les fêtes, sur les grands moments de notre existence, sur les saisons, chacun ayant son style, son rythme, ses histoires propres. A travers ces « leçons de choses » elle écoute avec passion la « voix de fin silence » qui irrigue le temps depuis les origines.

C’est un texte de poète et de croyante, qui n’explique pas mais évoque. Ainsi par exemple à propos de l’Avent, ces « mots mages » qui nous tournent vers l’Etoile polaire : « De grandes forces sont à l’œuvre sous la peau aride de l’hiver, des merveilles s’y trament en secret. L’Avent illustre magnifiquement ce lent et discret travail préparant l’avènement de la plus inouïe des merveilles : le Verbe, énergie infinie, se condense en un grain de feu limpide et, à l’instar de n’importe quelle semence enfouie dans la terre, dans la chair, il déploie sa « promesse ». (op. cit. p. 13).

DECOIN D., EMMANUELLI X., GERMAIN S., HEBRARD F., NYS-MASURE C., ROUANET H., SHOUPANI E., TOURNIER H., Célébrations chrétiennes, Albin Michel, 2004

La collection « Célébrations » (Albin Michel ) nous avait proposé huit titres dont les textes entraient en résonance avec des lectures d’œuvres d’art . Les voici désormais réunis en un petit volume.

Huit regards donc, huit méditations d’auteurs de sensibilités diverses qui « célèbrent » à leur manière singulière des réalités existentielles et universelles : la maternité-paternité, l’espérance, la pauvreté... On croisera donc avec bonheur les mages (M.TOURNIER), François d’Assise (X.EMMANUELLI), Joseph (S.GERMAIN) et Marie-Madeleine (M.ROUANET). Le couple des origines a inspiré M. HEBRARD et E.SHOUFANI, « curé de Nazareth » s’attache au mystère de la transfiguration. D.DECOIN et C. NYS-MAZURE méditent en poètes sur la Résurrection et sur Marie.
On l’aura compris, ce petit bouquin multiple qui tient en poche, peut s’ouvrir à toute heure...Chaque page suggère, évoque, éveille et creuse une « voix de fin silence » qui nous sauve joyeusement de la grisaille des jours.

BASSET Lytta, Aube, Bayard-Labor et Fides, 2004.

C’est un bien beau cadeau que l’auteure nous offre en ces temps de Noël. De plus en plus de lecteurs se nourrissent depuis des années de ses travaux sur l’Ecriture Sainte. Mais la production de cette pasteure à Genève s’enracine aussi dans une longue expérience d’accompagnement des malades. C’est dire qu’on y retrouve à chaque page cette immense attention au « dur travail d’être humain ».
Dans ce premier volume (AUBE) d’une série de quatre annoncés, il n’est pas seulement ni d’abord question de Noël, mais plus largement de tout ce que la naissance du « fils de l’humain » peut susciter et ouvrir en chacune de nos existences.
Une bonne trentaine de passages bibliques sont ici écoutés avec intelligence.. Des contes, des images aèrent cette relecture. La parole est forte, contemporaine et fraternelle. L’ensemble, distribué en « six matins », permet de redécouvrir à neuf des textes que l’on croyait connaître.
Lytta BASSET donne ainsi à entendre pas à pas et avec sûreté que l’Ecriture est loin d’être un livre poussiéreux, inaccessible et emprisonnant. C’est bien le livre de nos vies qui ne cesse de nous en redonner et le sens et le goût.

Gérard DURIEUX

Laissez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.