La belle saison était en train de s’installer doucement dans notre pays quand le ciel politique s’est assombri brusquement avec l’annonce du CDH de mettre un terme aux exécutifs auxquels il participait dans les entités fédérées. Face à ce climat d’incertitudes, l’inquiétude s’est installée quant aux retombées potentielles dans le secteur du non-marchand.

Nous ne pouvons, en effet, que regretter et craindre, avec la Cessoc, notre Confédération d’employeurs, la mise en veille des exécutifs. En effet, une série de discussions sur des dossiers essentiels pour les associations du non-marchand et les bibliothèques, sont aujourd’hui suspendues alors même qu’un travail considérable avait été fourni par les cabinets ministériels, les administrations et les fédérations d’associations.

À titre d’exemple, l’avant-projet du décret sur l’emploi socioculturel, qui faisait l’objet d’un préaccord après de longues discussions, devait passer en première lecture au gouvernement de la Communauté française avant les vacances parlementaires. Alors que cette modification décrétale bénéficiait du soutien des deux partenaires de la majorité actuelle, il nous a été annoncé que les réunions prévues, dans un agenda serré, étaient supprimées… De même, l’importante réforme APE allait voir le gouvernement wallon adopter un texte en deuxième lecture cet été, après des tractations nombreuses qui n’étaient pas si loin d’un accord. Rénovation bloquée. Enfin, l’ensemble des accords non-marchands sont également suspendus aux potentielles recompositions politiques tout comme les décrets d’ajustement budgétaire nécessaires pour tous ces programmes.

Il est donc normal que le secteur du non-marchand s’inquiète de l’avenir des discussions sur les nombreux dossiers fondamentaux qui ont pour but de réguler et aider les associations. En effet, si les discussions s’arrêtent, ce sont des semaines, voire des mois travail souvent acharné, qui tombent à l’eau et les efforts des associations risquent d’être anéantis. En effet, dès lors qu’un gouvernement nouveau voit le jour, il faut relancer les discussions et ce n’est pas toujours gagné d’avance, car comme disent les syndicats, tout est à recommencer, dans des conditions qui s’avéreront peut-être encore plus difficiles qu’elles ne l’ont été.

En plus de ces mesures importantes attendues pour l’ensemble du secteur, en ce qui concerne plus spécifiquement nos bibliothèques, la Communauté française, avec sa Ministre de la culture Alda Gréoli, s’était engagée dans une réflexion importante sur le décret « Lecture publique ». Un groupe de travail avait longuement réfléchi sur les adaptations indispensables en proposant des mesures équilibrées tenant compte des situations de terrain. Que va devenir tout ce travail ?

La FIBBC ne peut qu’être inquiète de cette situation d’interruption du fonctionnement des gouvernements qui peut être lourde de conséquences dans certains dossiers. Il faut pouvoir poursuivre, sans tarder, les dialogues constructifs engagés avec les responsables politiques. Plus que jamais, il est indispensable d’assurer rapidement la continuité des dossiers et de restaurer la confiance auprès des associations qui tissent, au jour le jour, des liens qui assurent la cohésion dans notre société.

Jean-Michel DEFAWE

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