• Nous, on n’aime pas lire

  • Regards croisés sur de la lecture avant toute chose

  • 9 novembre 2009, par Gérard Durieux

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  • Le « carnet de voyage » de cet écrivain en immersion dans un collège français à l’écoute des rapports que les adolescents y entretiennent avec la lecture.

SALLENAVE Danièle, Nous, on n’aime pas lire, Gallimard, 2008.

La fin annoncée du livre angoisse : une menace pour la démocratie ? Et les instances éducatives de tenter diverses stratégies pour combler le fossé qui sépare les collégiens des livres. En France, le « parrainage » d’une classe par un écrivain fait partie de cette panoplie. C’est dans ce cadre que notre universitaire de gauche et écrivain reconnue (Prix Renaudot 1980 pour « Les portes de Gubbio) est « entrée en résidence » dans un collège « ambition réussite » (ZEP) de la banlieue de Toulon. A trois reprises, elle est allée à la rencontre d’adolescents (14-15 ans), avec l’intention de les aider et l’espoir modeste de comprendre, grâce à eux, ce que c’est que lire. Son livre est donc le « carnet de voyage » de son immersion dans ce continent mal connu. Sans gommer ses désillusions et petits bonheurs, ses coups de cœur et son admiration pour les profs, c’est essentiellement à une vaste et riche réflexion sur l’école et la lecture qu’elle se livre, avec talent et sans langue de bois : conditions sociales, apprentissage de la langue, formation des enseignants, mixité et violence, élitisme et imposture d’un égalitarisme de masse...

A la fois réquisitoire contre les « subtilités moliéresques du pédagogisme à la mode » et plaidoyer passionné en faveur de la lecture et d’une école « abri, sanctuaire ou clairière », les courts chapitres de cette disciple d’Alain vibrent d’une double conviction qu’elle partage avec intensité. D’une part, les besoins et les attentes de ces jeunes nous échappent mais il nous faut, sans dérobade ni démagogie, entendre et comprendre leur appel. D’autre part, il s’agit impérativement de les aider à former leur jugement, à passer de la « doxa » à l’opinion réfléchie. Il y va de leur salut.
« Cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser » disait Victor Hugo. Tout enfant a droit à des « passeurs » qui l’aident à lire, à prendre les chemins de la lecture « cette absence au monde qui est présence multipliée, paix peuplée ». Alors... l’école et la lecture, comme de « fragiles barrages contre l’inacceptable » ?

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