• Moi et toi

  • 7 janvier 2013, par Sylvie Hendrickx

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  • Contrarié dans ses plans, un jeune adolescent solitaire et dissimulateur va faire, bien malgré lui, l’expérience inouïe de l’empathie et du devenir adulte.

AMMANITI Niccolo, Moi et toi, Robert Laffont, 2012

A 14 ans, Lorenzo est un enfant « différent ». Solitaire et indépendant, sa vie est foisonnante et riche mais toute en intériorité. Les psychiatres lui ont diagnostiqué un disfonctionnement narcissique, un « ego grandiose ». Pour l’enfant, ce qui existe en dehors de son cercle familial n’est rien et n’importe en aucune façon. Pour ne pas meurtrir des parents qui souffrent et se désespèrent de son déficit communicationnel, Lorenzo a mobilisé ses ressources depuis son enfance pour mimer les comportements attendus d’un enfant « normal ». Son modèle : le mimétisme de ces insectes qui se confondent avec leur prédateur pour augmenter leurs chances de survie.

Et puisque la fiction seule lui réussi, cet étrange « caméléon » décide de frapper un grand coup, en inventant de toute pièce une invitation au ski par des amis de classe de façon à tranquilliser définitivement sa mère sur l’intensité de ces rapports sociaux. Lorenzo a tout organisé dans les moindres détails pour être à la hauteur de son mensonge. Dissimulé incognito dans la cave familiale, il est bien décidé à profiter du plaisir d’être enfin lui-même sans faux-semblants en troquant une semaine de ski fictive par un séjour rimant avec tranquillité, liberté, romans et play-station. Mais c’est sans compter l’intrusion inattendue d’Olivia, envahissante demi-sœur qui, cherchant elle aussi à enfuir ses problèmes dans cette cave, pourrait bien porter un coup redoutable à sa machination. Commence alors une expérience de cohabitation forcée, à couteaux tirés, dont chacun sortira grandi…

Niccolo Ammaniti, auteur brillant de la nouvelle génération italienne, fait montre une fois de plus de son grand talent de créateur d’atmosphère dans ce huis clos sous terrain aux personnages complexes et attachants. Langage perçant et sans détour, regard analytique implacable, description imaginative, le personnage de Lorenzo se révèle changeant et fouillé, formidablement bien campé, exprimant ses sentiments et sa vision bien particulière du monde qui l’entoure. Un conte saisissant où certains s’en sortent mieux que d’autres mais où une formidable promesse de vie relationnelle a été offerte.

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