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  • Les variations Golberg... fascinante cette romance.

  • 16 janvier 2006, par Gérard Durieux

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  • Un texte brillant d’intelligence, d’humour et de lucidité. Production initiale, au titre prémonitoire, d’une œuvre qui n’allait cesser d’en moduler les thèmes en d’infinies et magistrales « variations ».

HUSTON Nancy, Les variations Goldberg, Romance, Babel, 1994.

« J’interprète... La musique doit être exécutée, c’est-à-dire mise à mort. J’exécute. Je suis le bourreau de l’immortel... ».

Un « petit truc d’été sans lendemain »...

Voilà comment l’essayiste et romancière canadienne Nancy Huston qualifiait son premier roman (Seuil, 1981). Or, son travail l’a montré depuis 25 ans, il s’agissait là d’un texte brillant d’intelligence, d’humour et de lucidité. Production initiale, au titre prémonitoire, d’une œuvre qui n’allait cesser d’en moduler les thèmes en d’infinies et magistrales « variations ».

Dans cette suite narrative inspirée par la forme contraignante de l’œuvre célébrissime de Bach, choisie paradoxalement « afin d’accéder à une plus grande liberté », la romancière met en scène une claveciniste. Elle a réuni des « proches » pour un récital des « Variations Goldberg ». Une trentaine de personnes sont donc coincées irrémédiablement sur leur chaise et réduites au silence pour ce rituel d’une heure et demie. Ils s’ennuient, admirent, commentent, rêvent, ruminent leurs rancoeurs, observent, s’évadent dans le passé...En proie à la faim, la soif, l’envie de fumer, de bouger, de dormir...L’élève docile, l’ancien amant, le critique musical, l’amie d’enfance, l’ouvrier décorateur, le copain journaliste...

Avec virtuosité, Huston cisèle ici les trente " variations » de cette torture commune. Multipliant les registres d’écriture et les changements d’atmosphère, elle donne à entendre le plus beau, le plus cruel, le plus mesquin... De savantes réflexions sur la musique ou l’analyse, des éclats d’amour, de rire ou de trivialité...

Le plaisir de la lecture est constant, sans cesse renouvelé au fil de cette passionnante petite fresque d’une société convenue. Un vrai roman où lentement se (re)tisse une toile de relations souterraines, d’histoires croisées, nouées, déchirées...Comme si la musique sublime du génial compositeur servait ici d’implacable révélateur de ce qui demeure si souvent caché et tu.

Fascinante cette « romance ».

1. A lire également : Dans « Professeurs de désespoir » (Actes Sud, 2004), "Les variations Goldberg" (pp.207-213) et sa lecture assassine du roman « La pianiste" » de la sulfureuse et nihiliste autrichienne Elfriede JELINEK, Prix Nobel 1999 (ibidem, pp.258-263).

2. Pour prolonger la rencontre avec la musique et l’auteur :

- "Les Pérégrinations Goldberg" CD Actes Sud / n.2000
- Le très intéressant dossier « Nancy Huston » sur www.initiales.org

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