• Les identités meurtrières

  • 17 avril 2008, par Gérard Durieux

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  • Le récit d’un humaniste qui, face à la marée haineuse et si souvent meurtrière des conflits ethniques, invite ses contemporains à assumer harmonieusement et sans sectarisme leurs identités composées.

MAALOUF Amin, Les Identités meurtrières, Grasset, 2001. LP

Né au Liban en 1949, Amin Maalouf vit en France depuis 1976. Romancier, essayiste, journaliste et historien, cet humaniste interroge ici la notion cruciale d’identité à partir de son expérience personnelle.

Face à la marée haineuse et si souvent meurtrière des conflits ethniques, culturels et religieux, il dénonce inlassablement nos propres connivences avec la « bête identitaire » et plaide avec sagesse pour un humanisme ouvert : il est urgent « d’apprivoiser la panthère » pour devenir des « êtres frontaliers » à la dimension de l’aventure humaine.

Riche de son histoire singulière, Maalouf invite donc ses contemporains à assumer harmonieusement et sans sectarisme leurs identités composées. Entre les violences jumelles de l’intégrisme et de la désintégration, il faut, répète-t-il, se situer sans tergiversations comme
« citoyens de ce monde fascinant et déroutant » en accueillant comme une chance la diversité des appartenances multiples.

Ces propos de mesure et d’ouverture sont loin de n’être qu’un tissu de belles idées utopiques et naïves. La réflexion de l’auteur s’appuie notamment sur l’étude documentée et éclairante des rapports entre les religions et les sociétés : entre le Christianisme et la société occidentale d’une part, entre l’Islam et son contexte sociopolitique d’autre part. Par ailleurs, la deuxième partie de l’essai est consacrée à un examen pertinent des risques et des chances de la mondialisation.

Lucide, il n’ignore pas par ailleurs que son vibrant plaidoyer pour « l’humanité de l’homme » se heurte à la réalité de mille violences quotidiennes. Raison de plus pour s’en imprégner et le transmettre aux générations nouvelles vers lesquelles il se tourne en achevant cette œuvre claire et salubre comme une randonnée de plein vent :

« Pour ce livre... je formulerai le vœu que mon petit-fils, devenu homme, le découvrant un jour par hasard dans la bibliothèque familiale, le feuillette, le parcoure un peu puis le remette aussitôt à l’endroit poussiéreux d’où il l’avait retiré, en haussant les épaules et en s’étonnant que du temps de son grand-père, on eût encore besoin de dire ces choses-là ».

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