• Les éditions "Gallimard jeunesse"

  • 2 août 2007, par Françoise Vanesse

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  • C’est maintenant devenu une tradition, chaque année, la Bibliothèque Centrale pour la région de Bruxelles-Capitale convie, en partenariat avec Ibby, les responsables du secteur « jeunesse » d’une maison d’édition, à présenter leur politique éditoriale. Cette année, les invités de Chantal Stanescu étaient notamment Hedwige Pasquet, directrice générale de Gallimard Jeunesse et Thomas Dartigue, responsable éditorial documentaire.

Depuis quelques années, d’importantes mutations sont intervenues au cœur de la production de livres documentaires jeunesse. Ces changements sont consécutifs sans aucun doute aux nombreuses révolutions technologiques intervenues dernièrement dans le monde de la connaissance, aux modifications dans la façon d’appréhender les savoirs mais aussi à l’extraordinaire « boum » de la littérature.

Face à ce terrain mouvant, les livres documentaires ne cessent de se diversifier, de s’adapter et de proposer de nouvelles orientations aux professionnels de la lecture. Malgré cela, ils restent paradoxalement insuffisamment utilisés par les bibliothécaires dans leurs animations ou dans leurs projets. Et encore trop souvent, ceux-ci oublient que certains de ces livres permettent de faire rêver les enfants tout en leur apportant des réponses à divers questionnements. Et nous perdons parfois de vue que ces livres peuvent aussi emmener le jeune lecteur vers le plaisir de lire... tout en développant son esprit critique.

Il est vrai que, au cœur de l’importante production actuelle du livre de jeunesse, le documentaire fait figure de parent pauvre : 30 % seulement, par rapport au livre de fiction !

Il faut donc continuer à sensibiliser les bibliothécaires à l’importance du livre documentaire régulièrement oublié lors des listes réalisées par les professionnels ou lors des remises de Prix, en tout cas en Communauté française.

L’initiative de Chantal Stanescu, en conviant les bibliothécaires à écouter les objectifs des responsables de « Gallimard jeunesse », était donc des plus intéressante et opportune.

Prédominance de la fiction

Voici maintenant trente ans que les éditions « Gallimard Jeunesse » occupent une place prépondérante dans le monde de l’édition.

Au cœur de cette activité foisonnante qui voit la naissance de plus ou moins trois cent cinquante titres par an, la fiction reste prédominante : le documentaire ne pèse que
25 % alors que la fiction 75 !

Les causes de cette répartition sont doubles.

Premièrement, on assiste actuellement à une explosion de la littérature pour ados et de nouvelles collections voient régulièrement le jour.

Deuxièmement, aux côtés de ces récits qui ne cessent de croître, apparaît une littérature que les professionnels qualifient de « transgénérationnelle » : (exemples, Tobie Lolness », « Le clan des Otori) : ceux-ci sont destinés à un large public, jeunes mais aussi adultes, mais sont publiés par le secteur jeunesse.

« Face à ces carcans en écriture qui s’estompent, à ce champ de la littérature qui ne cesse de s’accroître, une nouvelle répartition est nécessaire », explique Hedwige Pasquet, directrice générale de Gallimard Jeunesse. « Ceci explique que le documentaire occupe une place moins importante par rapport à la littérature ou, c’est une question de point de vue, que le développement de la fiction à l’heure actuelle est tel qu’il freine un peu le documentaire... . »

"Tobie Lolness" : un exemple de littérature transgénérationnelle.

Un savoir encyclopédique en évolution

Si la littérature est en pleine expansion, en totale évolution, le documentaire doit, lui aussi, faire face à d’importantes mutations.

Celles-ci sont principalement consécutives à l’évolution dans la manière d’envisager à l’heure actuelle les savoirs mais aussi dans l’importante révolution technologique à laquelle on a assisté ces dernières années.

Thomas Dartigue, responsable éditorial documentaire chez Gallimard, nous parle de cette situation. « On assiste actuellement à une transformation dans les méthodes d’acquisition des savoirs, dit-il. La tradition encyclopédique n’est plus l’unique valeur et de nouvelles méthodes d’acquisition des savoirs voient le jour. Ces « pratiques buissonnières » font la part belle à des apprentissages en dehors de l’école. Et, en tant qu’éditeurs, nous devons nous adapter à ces nouveaux comportements, à ces nouvelles attentes ».

Les "Premières découvertes" : un bel exemple de la tradition encyclopédique chère à Gallimard Jeunesse.

Un deuxième changement important intervenu ces dernières années dans le parcours des livres documentaires concerne bien évidemment l‘importante révolution technologique qui s’impose partout. « Depuis quelques années, poursuit-il, des modifications phénoménales sont intervenues au niveau de l’éventail iconographique dont on dispose. L’image change et les éditeurs doivent s’adapter à ce champ visuel qui s’élargit considérablement. Quant à Internet, il a bouleversé le parcours des livres documentaires ».

Complémentarités

L’adaptation, la perpétuelle évolution, semble donc bien être les maîtres-mots si l’on veut, en tant qu’éditeur de documentaire, réaliser son travail avec sérieux et profondeur.
« En effet, poursuit Thomas Dartigue, il est impératif que le livre fasse valoir ses spécificités par rapport aux autres sources d’informations mais, en tant qu’éditeur, nous devons travailler en collaboration et en complémentarité avec les nouveaux supports ».
Le cd rom ayant fait son temps, il s’agit maintenant de prendre en compte Internet.
Ainsi, récemment, les éditions « Gallimard Jeunesse » ont donné naissance à une nouvelle collection qui entend allier le livre avec Internet.
Celle-ci a été conçue dans le but de guider le lecteur vers des références à différents sites. « Les ados sont en effet habitués à faire des recherches sur Internet mais le risque du zapping infernal est bien là. Pour remédier à cette tentation du papillonnage, nous avons créé cette collection, une Encyclopédie, qui aide les ados à tirer le meilleur d’Internet », poursuit-il.

A l’information sur support papier est jointe, en parallèle, une référence à un site Internet. Ainsi la recherche est facilitée et l’actualisation des données et des sources photographiques est assurée...

C’est sur cet intéressant exemple de complémentarité entre le livre et les nouveaux supports de la connaissance que se termina cet exposé.

De cette rencontre très intéressante et conviviale qui mit très bien en lumière le contexte très évolutif dans lequel baigne actuellement le documentaire de jeunesse, on retiendra une impression de grand défi à relever : à savoir veiller à sauvegarder la fixité du livre avec l’importante mouvance technologique.

Un terrain d’aventures sans aucun doute passionnant pour des éditeurs exigeants et en recherche de sens comme les éditions « Gallimard jeunesse ».

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