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  • Les aléas de la conservation en bibliothèques : prévenir et guérir

  • 9 novembre 2009, par Gérard Durieux

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  • Les bibliothèques ne sont pas à l’abri d’événements dramatiques tels que inondations, incendies, invasion d’insectes ravageurs ou de champignons plus « biblivores » que bibliophiles... Heureusement, ces incidents sont rares mais pas autant qu’on ne l’imagine ! Comment y faire face mais surtout comment les prévenir ? Afin de répondre à différentes de ces questions, la Commission « Bibliothèques » du Conseil Inter-universitaire de la Communauté française (CIUF) avait organisé le 24 avril dernier à Liège une journée de réflexion consacrée aux aléas de la conservation en bibliothèque.

Un auditoire d’une centaine de personnes concernées à titres divers par ce sujet particulièrement délicat avait répondu à l’invitation : des professionnels de toute responsabilité venus des universités, archives et bibliothèques du pays mais aussi de France, de Suisse ou du Luxembourg auxquels s’étaient joints une bonne vingtaine d’étudiants en bibliothéconomie. Les intervenants étaient de qualité, de haut-niveau même, belges et étrangers : tous avaient pour but de faire partager leurs expériences et leurs compétences en ce domaine.

En guise d’introduction, Paul Thirion, Président de la Commission, présente cette rencontre inédite de sensibilisation comme une valse à quatre temps : récits d’expériences de destruction, mesures de prévention et de traitement nécessaires, plans d’urgence, indispensable mise en commun des ressources.

La tour ou les caves ?

Dans un premier temps, Sylvia van Peteghem, Bibliothécaire en chef de l’Université de Gand, fait le récit de la dramatique inondation de la « Boekentoren », survenue dans cette ville en juin 2007. En anglais et diapositives à l’appui, elle rappelle les faits (rupture de canalisation), énumère les réactions (désordonnées devant l’imprévisible...), précise les conséquences (près de 20000 volumes touchés !), suggère des pistes concrètes (noter tout, communiquer rapidement avec les autorités et les intervenants utiles, joindre les firmes adéquates...). Une communication bien utile pour que, d’emblée, cette triste expérience serve à pallier l’impréparation de toutes les instances.

Cécile Oger, en charge de la gestion et de la conservation des fonds patrimoniaux de la Bibliothèque Générale de Philosophie et lettres de Liège, revient, quant à elle, sur les orages du 29 mai 2008 qui inondèrent sept sites des bâtiments de la Cité Universitaire du Sart-Tilman à Liège. Ici encore, l’énumération des dégâts et des problèmes, le constat d’une impuissance et d’une absence d’organisation efficace face à l’inattendu impressionnent.
Dans la tour de Gand ou dans les sous-sols de la colline liégeoise, les livres sont en danger. On évoque alors des problèmes d’implantation et d’architecture. Et quand les questions s’attardent sur la congélation des volumes, le génie prémonitoire de Rabelais semble flotter sur ces « mots gelés »...

Fibres et microbes.

Deux experts se succèdent ensuite pour aborder la question des dégradations plus ordinaires, quasi quotidiennes : Anne Liénardy, professeur à La Cambre et Tonny Basset, microbiologiste à la BNF (Paris). Leur expertise pointue s’attarde aux aléas et aux normes de la conservation des documents (cuir, papier, photographies). En balisant avec soin les causes multiples de détérioration, les risques permanents de contamination fongique et les importantes questions de la prévention et du traitement des dégâts possibles, ces deux contributions richement documentées auront tout particulièrement intéressé les professionnels présents, confrontés en permanence à l’épineux problème du stockage des collections.

Plans d’urgence : un « roi-soleil » ou « un chef de réseau » ?

L’après-midi de cette journée de travail sera tout entière orientée vers la mobilisation concertée de tous les acteurs. Isabelle Rollet, de la Bibliothèque nationale de France, souligne l’importance d’un coordinateur désigné et reconnu du Plan d’urgence pour en asseoir la nécessité et la légitimité dans l’esprit de tous les collaborateurs d’une bibliothèque et pour fédérer l’ensemble des intervenants. Mais, si cette fonction permanente est capitale, assure-t-elle, l’élaboration d’une planification préventive ne peut être abandonnée à la responsabilité d’une seule personne. Le plan d’urgence est un travail sans fin de conscientisation de tous, un chantier permanent de collaborations multiples.

Dans cette perspective, l’intervention d’Alison Walker (British Library) et la présentation par Gilbert Coutaz du COSADOCA de Lausanne (Consortium de Sauvetage du patrimoine documentaire en cas de catastrophe) ont opportunément détaillé certaines urgences : l’utilité d’une formation du personnel, d’une mutualisation des ressources matérielles et humaines, d’une mise en réseau des services de sécurité et de protection civile, l’implication de toutes les instances académiques ou politiques...

Ainsi largement informée sur les expériences déjà opératoires en France, en Angleterre et en Suisse, l’assemblée a pu se forger la conviction que la mise en place des conditions optimales de conservation et de sauvetage passe aussi et inévitablement par un partenariat résolu entre les différentes bibliothèques... Il restait à tirer les meilleures conclusions de tous ces apports pour engager ou renforcer chez nous cette salutaire concertation.

Guy Biart (Namur) s’est acquitté de cette tâche provisoire au terme d’une bien riche journée. Les personnes sensibilisées par la question pourront poursuivre le travail en consultant l’ensemble des interventions sur le site : http://serv21.segi.ulg.ac.be/inter/ciuf/.

Gérard Durieux

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