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  • Le saule

  • 27 octobre 2006, par Gérard Durieux

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  • Avec ce livre inoubliable, sans concession, Hubert Selby, figure culte de la littérature américaine, nous offre un récit profond sur un intense compagnonnage, tendu, cisaillé de frustrations, de violences et de colères qui explosent en des phrases ressassées, sans ponctuation, et obsessionnelles.

SELBY Hubert Jr, Le saule, Editions de l’Olivier, 1999

Né en 1928, Hubert SELBY, figure culte de la littérature américaine, est décédé en 2004 à Los Angeles d’une maladie pulmonaire qui l’avait mené à l’alcool et à la drogue.

Dès son premier livre « honnête et terrible » (A. BURGESS), le « Céline américain » déchaîne la polémique.
« Last exit to Brooklyn » (1964), aujourd’hui considéré comme un classique de la littérature contemporaine, sera suivi de cinq autres romans à travers lesquels il poursuit une exploration désespérée des bas-fonds du cœur de l’homme.

Avec « Le saule » (1999) publié après 30 ans de silence, le ton change : le vieil auteur y congédie la haine.

Bobby est un jeune adolescent noir qui vit dans le Bronx. Il partage un sordide taudis à rats avec une mère paumée et ses deux jeunes frères. Un jour, il est sauvagement agressé par une bande de quartier. Maria, sa petite amie portoricaine défigurée par un jet d’acide, tente de se suicider.

Cette horreur insensée met au cœur de Bobby une rage de vengeance. Pourchassé, il se cache dans les caves d’un immeuble éventré et y rencontre Moishé, rescapé des camps nazis.

Commence alors un long et intense compagnonnage, tendu, cisaillé de frustrations, de violences et de colères qui explosent en des phrases ressassées, sans ponctuation, obsessionnelles. La renaissance de ces deux êtres passe aussi par des plages d’accalmie, de dialogues plus paisibles sous le saule, « l’arbre à palabres », où Moishé vient exorciser ses propres démons, retrouver le phrasé de sa propre musique et proposer au jeune rebelle incendié de haine, une parole de lente guérison.

En des pages fortes et crues, souvent noires et toujours incisives, ils reçoivent l’un de l’autre la force d’aller au bout du meilleur d’eux-mêmes. Au terme, cette coûteuse initiation mutuelle s’ouvre sur la lumière du pardon en quelques lignes d’une émouvante justesse.

Avec ce livre inoubliable, sans concession, le prêcheur d’apocalypse aura jeté ses démons aux orties. Ni lassé, ni domestiqué. Mais vivant, pacifié au prix d’un âpre combat avec les ombres ravageuses : « Honorer une vie, c’est honorer l’Infini Esprit de la Vie » indique Selby en ouverture.

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