• Le Centre de documentation de l’Institut Notre-Dame Séminaire de Bastogne

  • 7 janvier 2013, par Françoise Vanesse

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  • Pousser la porte de cette bibliothèque, c’est découvrir…

Un projet d’envergure

Alors qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, aucun texte ne prévoit l’obligation d’organiser une bibliothèque au sein des écoles, il est réjouissant voire très réconfortant de constater que certaines directions s’engagent, de leur propre initiative, dans un processus de valorisation de la lecture au sein de leur établissement via la création d’une bibliothèque digne de ce nom. [1] Tel est le cas de l’Institut Notre-Dame Séminaire de Bastogne qui s’est investi dans la restauration de l’ancienne chapelle jouxtant l’établissement pour y créer un tout nouveau Centre de documentation et d’information aux allures très professionnelles : tant par son aménagement que par la qualité de ses collections et des projets qui y sont menés par le bibliothécaire-documentaliste, Yannick Wenkin, et ce, en collaboration avec l’équipe éducative.

Une détermination

Tout commence par une ferme détermination, celle du directeur de l’école, l’écrivain Armel Job. Celui-ci souhaite concrétiser, avant son départ à la pension, le projet qu’il rêve pour son établissement : la création d’une véritable bibliothèque scolaire ! Il existe bien alors dans l’école deux classes aménagées en bibliothèque, logées au quatrième étage, éloignées du passage si bien que très peu d’élèves la fréquentent ! Un cas de figure malheureusement classique dans de nombreuses écoles… Mais le directeur est loin de s’en contenter ! Et, bien conscient que la valorisation de la lecture et le déploiement d’un projet d’envergure ne peuvent trouver corps que dans des locaux adéquats et valorisants, il décide d’initier le projet de restauration de l’ancienne chapelle gothique afin de lui insuffler une nouvelle affectation. Le 24 octobre 2009, après six mois d’importants travaux, un CDI est inauguré dans cette chapelle et un bibliothécaire-documentaliste gradué est aussitôt engagé ! Une page importante de l’histoire et de la vie de cet établissement scolaire venait d’être écrite !

Une restauration aboutie

Quand on pénètre dans cette ancienne chapelle gothique, ce qui charme de prime abord, c’est la qualité de la restauration. La lumière bleutée diffusée par les grands vitraux des fenêtres en ogive, entièrement conservées, dialoguent paisiblement avec les grandes plages de murs blancs et ajoutent une petite note feutrée et intimiste à ce lieu de travail résolument moderne. Enfin, les concepteurs ont relevé le défi de concilier éclatement et unité. Ainsi, quoique des espaces bien distincts soient prévus au rez-de-chaussée pour les collections, la consultation des revues et le travail de recherche ; c’est bien une impression de cohérence qui demeure. Sans doute l’esprit du lieu ? Sentiment identique lorsque vous empruntez le bel escalier en colimaçon qui vous conduit à la mezzanine : un espace de consultation pour ordinateurs que côtoie, derrière une large baie vitrée, une grande salle de réunion.

Des collections en mouvement

A cette impression paisible que nous ressentons en visitant les lieux, vient se greffer un sentiment d’importante transversalité lorsque nous dialoguons avec le bibliothécaire-documentaliste, Yannick Wenkin. « Je dispose d’un budget satisfaisant : deux mille euros par an, ce qui me permet de renouveler le fonds très régulièrement. Mais, surtout, je dispose d’une importante latitude pour mener à bien mon projet qui est d’élargir au maximum les collections, d’avoir tous les domaines du savoir et de continuer à proposer un large choix de revues : Le Vif/L’express, Le Courrier International, Sciences et Vie (Junior), National Geographic, Carto, Diplomatie, L’histoire, Alternatives économiques, Dada ... Pour cela, je peux compter sur la collaboration des différentes sections de l’établissement qui m’octroient une partie de leur budget. » Parallèlement à ce souci d’avancer au niveau documentaire, Yannick Wenkin se dit également préoccupé par l’aspect « lecture plaisir ». Rien d’étonnant pour cet ancien libraire qui connaît bien le secteur ! « Je suis à l’affût des livres qui plairont aux ados via des forums, des listes de livres ou des conseils. Je veux prouver aux jeunes que les livres qu’ils trouveront ici sont vraiment de bons bouquins, neufs et attrayants. Je pars du principe qu’il faut vraiment de tout : au début j’achetais trop pointu, trop compliqué. J’ai un peu changé mon optique et je leur conseille d’abord des livres simples avant de leur proposer des ouvrages plus pointus. Je souhaite trouver un équilibre entre la grande littérature et la littérature plaisir ».

Un lieu de formation

Et c’est ce même sentiment d’ouverture et de décloisonnement qui transparaît lorsque Yannick Wenkin s’exprime sur la façon dont il envisage son métier. « Je suis vraiment parti du principe que la bibliothèque devait être un lieu de vie et de ressources, un centre de documentation mais aussi un lieu de formation. Ainsi, en début d’année, j’organise pour tous les élèves des séances d’information sur la façon d’utiliser au mieux une bibliothèque mais aussi des formations plus spécifiques en rapport avec leurs cours : découverte du fonds documentaire, comment le consulter : on reprend vraiment depuis le début. Je forme également ces jeunes à la recherche sur internet et pour cela nous disposons de huit postes consacrés à la recherche documentaire. Pour les rhétos, j’organise en fin d’année des visites à la bibliothèque universitaire de Namur où ils ont la possibilité de faire des recherches bien spécifiques en étant encadrés. Mon but est de préparer les élèves et d’intégrer cet outil à la pédagogie de l’école de manière la plus optimale ».

Un lieu pour toutes les sections de l’école…

Une autre de ses priorités : élargir la bibliothèque afin que celle-ci soit fréquentée non seulement par les classes de l’enseignement général mais aussi par les sections techniques et professionnelles. « C’est un travail de fond qui prendra de longues années mais auquel il faut être particulièrement attentif », poursuit Yannick Wenkin. Ainsi, le bibliothécaire tente, par exemple, de disposer des livres utiles aux élèves du CEFA ( Centre d’Education et de Formation en Alternance ). « Actuellement, j’essaie de trouver des livres en électro-mécanique, ce qui n’est pas des plus faciles, des ouvrages de références très précis et que je peux me permettre d’acquérir avec mon budget spécifique ». Un autre projet intéressant visant à impliquer les élèves de l’enseignement technique concerne la section artistique de transition. « Celle-ci est en effet très active et mène à bien des projets magnifiques. Elle garde cependant toujours ses réalisations pour elle, ne disposant pas de lieux pour les exposer ». Dernièrement, les ouvriers de l’école ont imaginé un système permettant d’accrocher une bonne douzaine de cadres-tableaux de manière discrète, esthétique et pourtant très pratique. Dès janvier prochain, les murs blancs de la bibliothèque accueilleront une première exposition. « C’est une belle reconnaissance de permettre à tous les élèves qui passent ici de découvrir leur travail. La synergie opère ».

Des collaborations

Rien d’étonnant, dans ce contexte d’ouverture, de découvrir qu’une des autres priorités du travail de ce bibliothécaire est de tisser un important maillage de collaborations. Premièrement avec la bibliothèque publique, très proche de l’établissement. « Nos relations sont très bonnes et j’envoie régulièrement des étudiants vers la bibliothèque publique car celle-ci est très bien fournie et il est essentiel de collaborer pour ne pas disperser les énergies ». Deuxièmement, avec l’équipe éducative. « Je souhaite profiter des connaissances des professeurs pour orienter mes choix, tout en faisant bien entendu mes propres recherches. Chaque enseignant est un spécialiste dans son domaine et, dans une école, il est important de miser sur cette collaboration ». Enfin, avec des organismes aux missions culturelles spécifiques comme, par exemple les Jeunesses musicales. « J’essaie de toucher à la culture dans le sens le plus large possible. Aussi dans l’esprit de montrer que la bibliothèque ce n’est pas juste l’endroit où l’on vient pour travailler et que le bibliothécaire ce n’est pas juste celui qui est derrière son bureau et qui fait des photocopies. Mais qu’il est impliqué dans la vie culturelle de l’école. Cela permet de créer des liens tout à fait différents avec les étudiants ».
Et ainsi, sans conteste, de mieux s’approprier l’esprit humaniste souhaité par les initiateurs de ce projet d’envergure dont pourraient s’inspirer de nombreuses directions d’écoles…[2]

Et encore bien de projets d’aménagements…

-  Mobilier entièrement renouvelé dans les mois à venir ;
-  Nouveau comptoir de prêt ;
-  Installation de postes WIFI à l’étage ;
-  Le module de recherche est d’ores et déjà disponible et intégré au réseau Intranet de l’école. Le catalogage rétrospectif est en cours.

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  • INDSé : Institut Notre-Dame Séminaire 2ème et 3ème degré,
    Rue Piconrue,
    6600 BASTOGNE
  • bib@indse.be

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 [1] En effet, au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, rien ne stipule l’obligation, voire la nécessité, d’avoir une bibliothèque au sein de l’école. Encore moins d’indications, en conséquent, sur la façon dont il serait intéressant d’organiser cette bibliothèque ! La Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit bien un poste de « secrétaire-bibliothécaire » attribué à certains établissements à partir d’un pourcentage d’élèves. Ainsi, si le quota est atteint, l’école peut engager soit un secrétaire-bibliothécaire, soit un éducateur. Vous l’avez compris, les écoles en difficulté optent bien souvent pour l’engagement d’un éducateur. D’autre part, dans le meilleur des cas, si le poste est vraiment affecté à développer un projet concernant la bibliothèque, il n’y a aucune obligation que la personne possède le titre de bibliothécaire professionnel. De plus, aucun subside de fonctionnement n’est prévu. Il y a juste le salaire qui est payé et, à charge de l’école de trouver les fonds pour l’achat des livres et du mobilier ! Cette disparité a pour conséquence une incroyable inégalité.

 [2] La FIBBC a toujours été vigilante à cette problématique du statut des bibliothéques d’écoles et, depuis 1992, a fait paraître différents articles qui évoquent ce sujet ou qui dressent le portrait de centres documentaires particulièrement professionnels.
Sur ce sujet :
-  « La Bibliothèque des Dames de Marie à Schaerbeek », Biblirama n° 89.
-  Bibliothèque de l’Institut Don Bosco de Woluwe St Pierre, « La confiance en l’écrit », Biblirama n° 99.
-  Rencontre avec Stéphanie Fort du CDI au Collège St Pierre de Jette, « Priorité aux compétences documentaires et aux changements », Biblirama n° 93.

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