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  • La tournante

  • 27 octobre 2006, par Gérard Durieux

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  • Avec une implacable lucidité, coulée dans l’écriture neutre du constat et de l’enquête, la romancière qui s’inspire d’un drame réel, traque le secret de Marion, débusque les ombres de l’histoire paternelle et brosse le tableau de l’effrayante « culture » de certains groupes de jeunes : les tournantes, ces viols collectifs organisés par des bandes de garçons.

BRUNE Elisa, La tournante, Editions Ramsay, Paris, 2001

Marion, 14 ans, brillante et jolie lycéenne parisienne, a disparu. Deux jours après, ses parents la récupèrent au commissariat : arrêtée en flagrant délit de vol. Pour quelle raison, cette adolescente issue d’une famille aisée, élevée par des parents à l’écoute et tolérants, en est-elle venue à agresser une femme pour quelques billets ?

Minutieusement, le roman met à nu les ressorts de ce fait divers en apparence banal. La « parole » du commissaire et de la psychologue, des parents, du jeune frère, de l’amie et des condisciples, de la proviseur... font émerger par touches l’intrication d’un « roman familial » supposé lisse et d’une réalité sociale impensable et terrible : les tournantes, ces viols collectifs organisés par des bandes de garçons.

Avec une implacable lucidité, coulée dans l’écriture neutre du constat et de l’enquête, la romancière qui s’inspire d’un drame réel, traque le secret de Marion, débusque les ombres de l’histoire paternelle et brosse le tableau de l’effrayante « culture » de certains groupes de jeunes : loi du silence, menaces, violences gratuites et banalisées.

Sans moralisme, ce texte nous plonge ainsi jusqu’à l’écœurement et l’inquiétude au cœur d’un îlot d’inhumanité : celui des loups, des lâches, des ricaneurs.

Il nous rend sensible à ces jeunes qui, sans repère, pour la frime ou pour se sentir exister prennent le risque de se mettre en danger. Il nous invite en creux à une vigilance active.

Que faire pour ne pas laisser le monde aux barbares ? Que faire quand le goût de vivre s’aventure ainsi dans des expériences qui dérapent jusque dans la mort ?

Décapant mais salubre.

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