• La religion

  • Regards croisés sur nos coups de coeur

  • 24 août 2009, par Gérard Durieux

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  • Un roman historique volumineux et haletant où l’on retrouve, tissés dans une langue à la fois réaliste et poétique, tous les ressorts de la dramaturgie romanesque...

WILLOCKS Tim, La religion, Sonatine, 2009

Encensé dès sa parution (« éclatant, puissant, étourdissant »), ce récent et volumineux roman historique, ne déçoit pas. Tous les ingrédients du genre (quête initiatique, secrets et complots politico-religieux, luttes de pouvoirs, violence et passion amoureuse...) y sont tissés avec une maîtrise confondante de tous les ressorts de la dramaturgie romanesque, dans une langue à la fois riche, réaliste et poétique.

Les faits historiques ? Au milieu du 16ème siècle, Malte occupe une position stratégique en méditerranée : elle verrouille l’accès de l’Occident chrétien aux troupes ottomanes de Soliman le Magnifique.

Le 18 mai 1565, cent trente-huit galères turques débarquent 38000 hommes sous le commandement du pacha Mustapha. Le siège de Malte commence et durera des mois. La ville est alors défendue bec et ongles par les chevaliers de l’Ordre de Malte, communauté de moines guerriers dénommée « La religion ». Ils ont à leur tête un stratège de premier ordre, Jean de La Valette, grand maître de l’Ordre.

Tout l’art de Tim Willocks ne réside pas seulement dans l’exploitation narrative d’une érudition impressionnante ou dans la description haletante et récurrente des nombreux assauts de cet affrontement monumental. Il tient surtout dans sa capacité à rendre ses personnages inoubliables à force de dialogues percutants et de subtiles descriptions psychologiques. L’agencement équilibré de ce contrepoint délicat entre « fureur » et « rumeur » fait toute la force de ce récit assourdissant, symboliquement traversé par la musique d’une viole de gambe et d’une brassée de rose sang. Que l’auteur nous y invite aussi à réfléchir sur des questions de toujours, y ajoute une rare profondeur : la recherche de la vérité, le choc meurtrier des cultures et des appartenances religieuses, la politique et la religion... Bref, on quitte à regret les compagnons de cette palpitante « Iliade maltaise », jusqu’aux volumes à venir de la trilogie annoncée.

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