• L’expérience du Centre Multimédia Don Bosco, qui a proposé à ses jeunes usagers un projet original de lecture d’albums à distance. Le point avec Marina Pulsone, animatrice au CMM Don Bosco en collaboration avec Benjamin Milcamp, bibliothécaire.

  • 14 juillet, par Françoise Vanesse

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  • Face à la crise, certaines bibliothèques publiques, centres de documentation et institutions culturelles contraintes à la fermeture ont fait preuve de créativité afin de rompre l’isolement et joindre leurs usagers différemment. Des bibliothécaires, auteurs et acteurs culturels ont très aimablement répondu à notre invitation et ont accepté de partager avec nous leur expérience inédite.

F.V. Animatrice au Centre Multimédia Don Bosco, vous accueillez régulièrement des classes d’enfants de maternelle et du primaire auxquels vous proposez, parfois en collaboration avec certains de vos collègues dont Benjamin Milcamp, des lectures, des découvertes d’albums ou des projets en lien avec la littérature de jeunesse. Ces projets, quels sont-ils et quels objectifs poursuivent-ils ?

M.P. Dernièrement, nous avons travaillé dans le cadre de deux projets bien spécifiques : premièrement, le projet « trAjet », en partenariat avec le Centre Culturel des Chiroux.
C’est la troisième année que nous participons à ce projet, Benjamin et moi. Il propose un trajet, un chemin entre les arts vivants et la littérature, entre spectacle et albums. Chaque année une thématique est mise en avant. Cette année le thème abordé est la question du genre avec la participation du programme de soutien « Ilo Citoyens ». Il se déroule en plusieurs étapes et comporte des animations en classe (classe de 5e primaire de Ste Véronique) suivies du visionnage d’un spectacle et d’animations en bibliothèque.
Enfin, un projet sur la sensibilisation au handicap. Il propose aux enfants de la classe de 3e primaire de Pascale Houba (de l’école Don Bosco), de rencontrer cinq résidents des « Chanterelles » (résidence pour personnes handicapées adultes) accompagnés de Marie Chenut, l’éducatrice, pour participer à des ateliers créatifs et artistiques sur le thème du « Cabinet de curiosité ». Le projet devait se clôturer par une exposition au Centre Culturel de Seraing durant le mois de mai et une fête aux Chanterelles avec les enfants de la classe de 3e et les résidents. Par la force des choses, ces deux projets ont été interrompus mais nous mettrons en valeur les réalisations des enfants et des résidents des Chanterelles à la bibliothèque dès la rentrée. (1)

F.V. Animatrice depuis plusieurs années déjà, vos animations sont devenues un repère d’éveil culturel pour de nombreux enfants qui vous connaissent très bien et entretiennent avec la bibliothèque un lien à la fois affectif et récréatif. En quoi cette fermeture vous a-t-elle surprise ? Avez-vous eu l’occasion d’en parler avec certains enfants ou enseignants ?

M.P. Il est vrai que ces animations renforcent les liens. Ceux-ci sont d’autant plus importants que ces animations sont régulières et concernent un nombre important d’enfants : sept classes de maternelle et huit classes de primaire, soit un total de plus ou moins trois cents enfants. Sans oublier des animations qui se déroulent deux fois par mois avec une quinzaine de tout petits de la crèche « Princesse Astrid » et de la ludothèque « La Marelle », partenaire de notre bibliothèque. Malheureusement, suite aux circonstances, je n’ai pas eu l’occasion d’expliquer aux enfants que nous n’allions pas nous voir pendant un certain temps et les projets ont été interrompus brusquement. Je suis persuadée que les plus grands ont bien compris la situation. Quant aux résidents des Chanterelles avec qui nous avions créé des liens dans le cadre du projet mentionné ci-dessus, Benjamin et moi n’avons pas eu l’occasion de leur parler. Je sais que je ne reprendrai pas les animations avant septembre et cela est bien triste mais je rencontrerai peut-être certains d’entre eux lorsque la bibliothèque rouvrira ses portes.

F.V. Cette fermeture a, très heureusement dans votre cas, débouché sur une initiative créative et originale en collaboration avec votre collègue, Benjamin Milcamp. Merci de nous décrire votre projet de départ ainsi que vos objectifs ?

Benjamin et moi avons été inspirés par des vidéos postées sur les pages Facebook de certaines bibliothèques ou de maisons d’édition. Nous aurions pu faire simplement lien mais souhaitions garder un contact personnalisé avec les enfants et les lecteurs et également partager nos coups de cœur. Nous avons donc décidé qu’il était préférable de réaliser nos propres lectures. Après avoir reçu l’accord de quelques maisons d’édition, nous nous sommes lancés dans le projet. Heureusement Benjamin et moi avions notre bibliothèque personnelle à la maison.

F.V. Comment avez-vous mis sur pied ce projet et de quelles ressources techniques avez-vous eu besoin ?

Les moyens techniques étaient très simples car tout ce déroulement a été réalisable grâce à nos smartphones. Étant donné que notre objectif était vraiment la mise en valeur de l’album, nous n’apparaissons pas sur la capsule : seules nos voix accompagnent les lecteurs, petits et grands, au cœur de l’histoire racontée !

F.V. Les titres d’albums, comment les avez-vous choisis ? Sont-ils en lien avec le thème du confinement ?

Comme nous n’avons eu l’accord que de quelques maisons d’édition et que nous avons utilisé nos propres livres (confinement oblige), nous n’avons pas pu malheureusement aborder ce thème du confinement. C’étaient donc des coups de cœur et des envies de partager des histoires qui nous touchent plus particulièrement. Nous avons eu l’occasion de recueillir des impressions positives des parents.

F.V. Ce projet va-t-il évoluer ?

Avec Benjamin, nous avons déjà discuté d’insérer peut-être ces lectures sur le site internet de la bibliothèque en plus de la page Facebook. Nous projetons également d’y joindre des idées d’animations créatives simples ou des bricolages faciles à réaliser au départ de ces albums. Cela va faire partie de nos projets de la prochaine rentrée de septembre … Sans doute s’agit-il d’un des points positifs de cette crise qui nous aura permis de nous questionner et de concrétiser de nouveaux projets.

(1) Cette exposition sera visible à partir du 11 septembre 2020 (vernissage) et du mardi au vendredi jusqu’au 6 octobre 2020 au Centre Culturel de Seraing.

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