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  • Inigo

  • 10 février 2011, par Gérard Durieux

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  • Loin du récit hagiographique, des pages d’intense sagacité qui nous invitent à poser un regard nouveau sur cette personnalité dont nous conservons bien souvent une image falsifiée.

SUREAU François, Inigo, Gallimard, 2010

Au plein mitan d’un foisonnement éditorial qui laisse pantois, voilà une perle d’écriture ardente, d’intense sagacité et de justesse spirituelle. Le brûlant portrait d’Ignace de Loyola (1491-1556) que trace ici cet énarque, grand commis de l’État français et romancier, n’a rien d’un écrit hagiographique. Avec ces pages ferventes à l’écriture acérée nous sommes à cent lieues d’une production dévote.

En grand écrivain en effet, Sureau nous donne littéralement à vivre du dedans la conversion de ce gentilhomme espagnol, courtisan, promis à une brillante carrière militaire. Du boulet qui lui brise la jambe lors de la bataille de Pampelune (1521), aux rencontres étonnantes avec Dom Chanon à Monserrat et avec la recluse de Manrèse, Sureau nous captive aux rets de son écriture sobre et puissante, toute d’images. La découverte du Christ, des saints François et Dominique, les errances tourmentées d’ermite mendiant, le retour obsessionnel de son passé de débauches... toutes ces tranches de vie d’Ignace de Loyola sont minutieusement évoquées de l’intérieur.

Le texte s’en tient donc aux deux années durant lesquelles Igino (son prénom castillan évoque le feu) a combattu pied à pied avec Dieu, avant de s’abandonner en toute liberté à l’Amour. Plus tard seulement, les circonstances le conduiront à fonder la Compagnie de Jésus (Jésuites). « Au vrai, il n’y a pas dans la conversion un avant et un après. Sa vie de chevalier ambitieux et violent était belle et passionnante. Il n’en a jamais perdu le sens. Dieu a respecté Ignace. Il a conduit sa liberté d’homme à son point d’accomplissement. »

« J’ai longtemps détesté Ignace de Loyola », avoue Sureau dans une postface surprenante. Mais amené à lui par la lecture du « Récit du pèlerin », l’autobiographie du soldat rugueux et mystique, il apprend à le fréquenter et à l’aimer jusqu’à tenter de saisir le sens de ce « retournement ».

Une invitation fulgurante à entendre avec l’auteur un écho du Rimbaud de l’errance : « Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes ». Des pages incandescentes à la gloire de l’homme libre face au « prodigieux silence de Dieu ».

Gérard Durieux

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