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  • Fragiles existences

  • 10 février 2011, par Gérard Durieux

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  • Sept chapitres lumineux dans lesquels cette religieuse dominicaine, moraliste et enseignante, situe avec précision le statut de la morale au cœur de toute vie qui se veut véritablement humaine.

MARGRON Véronique, Fragiles existences, Bayard, 2010

L’auteur de ce précieux recueil d’entretiens vient d’achever deux mandats comme Doyen de la faculté de théologie de l’Université catholique d’Angers. Cette religieuse dominicaine, théologienne moraliste, enseignante, disciple de Xavier Thévenot et proche de Lytta Basset, est une voix qui compte. Elle fait partie d’une nouvelle génération de moralistes plus soucieux de l’écoute humble et respectueuse des « fils de l’humain » que de l’application rigide de la loi.

Membre du Comité national d’éthique, accompagnatrice de nombreuses équipes du monde médical, elle est particulièrement au fait des enjeux éthiques qui traversent notre société. Et les titres de ses livres récents, comme La douceur inespérée, L’échec traversé ou Vivre par tous les temps, disent à suffisance son souci constant d’accueillir et d’accompagner les personnes en situation de faiblesse.

Cette disposition foncière, enracinée dans une lecture approfondie de l’évangile, donne à sa pensée une force de conviction qui jamais pourtant ne s’impose. Respectueuse et modeste, habitée par un sens aigu des difficultés de la vie, de ses ambiguïtés et de ses fragilités, elle sait avec justesse nuancer son propos avec un don inestimable de clarté d’expression, même à propos de problématiques complexes et délicates : du statut de l’embryon humain aux soins palliatifs.

En sept chapitres lumineux que l’on ne peut prétendre résumer ici, elle situe avec précision le statut de la morale au cœur de toute vie qui se veut humaine et cherche le meilleur : « La vraie morale ne consiste pas en une liste de choses interdites ; elle consiste à apprendre à être libre » et doit se proposer comme « un horizon praticable, un art de vivre partageable ».

Mais dans des pages d’une rare profondeur, elle redit aussi longuement aux disciples du Christ, la « folie » subversive du choix d’une vie selon les Béatitudes : l’axe du monde n’est pas du côté du plus fort ; c’est l’homme le plus souffrant qui dit la vérité de l’humain.

Traversé par l’invitation à « l’hospitalité non-négociable » et à « la joie qui demande de renoncer d’adhérer de manière complaisante au négatif de l’existence », cet ouvrage substantiel se reçoit de bout en bout comme un chant à la vie, un hymne au bonheur de grandir en humanité. De jour en jour.

Gérard Durieux

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