• Fin d’année 2018 en grisaille...

  • 7 janvier, par Jean-Michel Defawe

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Désolé, mais ne comptez pas sur moi pour vous remonter le moral dans l’éditorial de cette fin d’année 2018. Ce n’est peut-être pas très sympathique en ces moments mais, personnellement, je suis en train de broyer du noir…

Je vois et j’entends :

  • des gens qui financièrement y arrivent de moins en moins et se retrouvent dans les rues en gilets jaunes, cependant parfois gangrénés par d’autres groupes radicaux et violents ;
  • des casseurs mais aussi, au hasard des micros, des propos irresponsables, des simplifications verbales, des récupérations et une méconnaissance du fonctionnement administratif de l’Etat par une simplification à outrance ;
  • une situation politique fédérale dégradée avec une non-perméabilité des compétences politiques régionales et communautaires bloquant une vraie créativité en direction du non-marchand et des actions encore trop favorables aux grosses boîtes du circuit commercial…
  • des associations du secteur culturel qui n’en sortent pas, principalement à cause du surcoût salarial non compensé alors qu’elles doivent mener une série d’importants combats pour demain. La survie est difficilement possible dans ces conditions de paralysie générée… ;
  • des jeux politiques non-respectueux des soucis importants pour les gens du terrain.

C’est vrai que mon Noël et cette fin d’année se sont annoncés dans des teintes de gris comme notre ciel. Je n’ai pas le coeur à la fête. Ce n’est pas un coup de blues : les lendemains me semblent plus douloureux que jamais, voire catastrophiques.
Sur le plan régional, on n’y voit toujours pas plus clair dans les mesures APE que le Ministre Jeholet promeut : le texte est actuellement bloqué au Parlement wallon dans l’attente d’avis du Conseil d’Etat et le document reçu, il y a quelques jours, dans les asbl, comporte encore beaucoup de points obscurs laissant malheureusement présager de sérieuses pertes d’emploi.

Il ne faut pas oublier que nos secteurs culturels ne peuvent pas s’autofinancer. Les nombreux services qu’ils ont développés pour soutenir les citoyens ne savent plus faire face aux indexations de salaires, à l’évolution des retenues fiscales, aux prises d’ONSS à la source, inadaptées aux rentrées potentielles, ou aux mesures diverses qui, malgré nos spécificités propres, nous mettent sur le même pied que le secteur commercial.

Par voie de conséquence, des bibliothèques publiques proches de nous sont sur le point d’être contraintes de fermer leurs portes presque dans l’indifférence générale. Quand tous les coûts (emploi, chauffage, communications, achat de médias, éclairage) sont en augmentation que peut faire un pouvoir organisateur de droit privé pour compenser et faire face ?

D’urgence, il faut d’abord stabiliser puis réformer le marché du travail, favoriser les créations d’emplois, augmenter les formations, autrement dit s’attaquer aux racines de la fracture sociale : un rôle véritablement géré par les nouvelles missions qu’ont prises en charge les bibliothèques publiques. Cependant, pour poursuivre leur travail, elles ont un urgent besoin de soutien…

On n’est pas complètement désespéré : vous le découvrirez dans nos derniers articles, les bibliothèques y croient et il y a de nombreuses initiatives nouvelles dans notre secteur en fédération Wallonie-Bruxelles.

2019 pourra-t-elle être l’année d’un ultime sursaut indispensable pour la survie de nos entités ? Y-a-t-il encore un zeste d’espérance ?

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