• « Ensemble, inventons une nouvelle culture... » Slogan politique ou volonté d’actions concrètes ?

  • 31 mars 2005, par Françoise Vanesse

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  • La 14 mars dernier, un nombre important de professionnels du livre a répondu à l’invitation de la Ministre de la Culture, Fadila Laanan, pour la rencontre organisée à « passa porta » consacrée à la thématique du Livre et de la Lecture publique au sein des Etats généraux de la Culture.
    Editeurs, libraires, auteurs et de nombreux bibliothécaires ont pris la parole de manière très professionnelle mais aussi revendicative. Ils ont notamment fait part de leur scepticisme quant à la suite concrète qui sera donnée à ces Etats généraux, de leurs angoisses par rapport à la fragilité budgétaire qui régit ces secteurs mais aussi de leurs rêves...

La Ministre place à la proue du bureau la bouée de secours lancée par les bibliothécaires...

Un peu comme si les secteurs du Livre et de la Lecture publique allaient drainer un public très restreint, la Ministre avait choisi un lieu pouvant accueillir (dans de bonnes conditions...) une petite centaine de participants ! Mais c’était sans compter sur la faculté mobilisatrice des professionnels de ces secteurs et plus particulièrement des bibliothécaires qui sont venus nombreux pour faire entendre leur voix. Contre toute attente, plus de deux cents personnes étaient au rendez-vous et se sont partagé le petit espace mis à leur disposition...
La débrouille : on connaît dans le secteur !

Après avoir remercié les nombreux (trop nombreux ?) participants pour leur présence, s’être excusée pour l’exiguïté des lieux et souligné le pourcentage insuffisant octroyé aux secteurs du Livre et de la Lecture publique par rapport au budget global de la culture, le débat allait être lancé sous la houlette de Michel Gheude.

Parmi les nombreuses interventions qui se sont succédé au cours de ces trois heures, nous avons plus particulièrement retenu...

L’image « commando » de Pascale Fonteneau, auteur et actuellement responsable de « passa porta » qui a introduit de manière musclée cette série d’interventions.
Des ministres de la Culture qui lui ont affirmé leur soutien pour le livre, elle en a rencontré (et la liste est longue...) ! Or elle s’inquiète car, malgré toute cette série de bonnes intentions, les budgets de la culture semblent toujours s’apparenter à un os que l’on jette aux chiens...
Alors elle prévient... Si ces Etats généraux ne débouchent sur rien de concret... non seulement les professionnels du livre et de la lecture seront très déçus mais, en plus, ils pourraient bien ...

L’image « humaniste » de Luce Wilkin qui, en tant que responsable d’une petite maison d’édition, réitère que les éditeurs ne sont pas des marchands mais bien des acteurs culturels.
Elle s’inquiète et s’interroge : pourquoi les secteurs du livre et de la lecture ne représentent-ils que 10% de tout le secteur de la culture ? Pourquoi n’existe-t-il pas davantage de synergies entre les différents secteurs du monde du livre ? Qu’en est-il de la place du manuel scolaire à l’école ? Où en est-on dans la formation des enseignants au livre et à la littérature de jeunesse ?
Elle rappelle la création de l’association EDILIB qui encourage la transversalité, appelle au dialogue et à l’imagination.

L’image « de solidarité » des bibliothécaires membres du Conseil supérieur des Bibliothèques publiques qui, à cinq voix, ont fait part de manière précise, structurée et humoristique de leurs revendications.

Les membres du CSBP présentent, à cinq voix, leurs revendications...

Annick Macquestiau, Kathleen Simonis, Joël Matot, Daniel Decamp et Jean-Michel Defawe ont tenté d’utiliser au mieux le temps qui leur était imparti pour rappeler les difficultés du secteur et ses grandes attentes.

L’image « d’inquiétude » de la Présidente des librairies francophones de Belgique, Chantal Limoge. Elle revendique que des décisions soient prises pour sauvegarder un secteur qu’elle qualifie de fragile. Il faut rendre aux librairies leur nom : on ne confond pas une librairie professionnelle avec un marchand de journaux ! Il faut rendre aux librairies leur marché par le prix unique du livre. Il faudrait créer des liens interprofessionnels où l’on pourrait aborder les différents problèmes liés à la chaîne du livre.
Et conclut : il faut éviter que l’industrie ne prenne le pas sur la culture...

L’image « citoyenne » , de Frédéric Young, représentant les sociétés d’auteurs et le Conseil du Livre, qui réaffirme que le livre ne bénéficie pas d’une politique à la hauteur de ses enjeux.
S’il est convaincu qu’il existe des problèmes politiques, il ne faut pas occulter le fait qu’il existe également des problèmes structurels. Il faut créer un destin commun, oser une politique du livre.

L’image « mobilisatrice » des auteurs qui appellent à la constitution d’un regroupement interprofessionnel qui dégage de nouvelles initiatives.

L’image « de désarroi » d’un jeune éditeur de bande dessinée qui retrace les difficultés administratives et budgétaires qui jalonnent son quotidien.

L’image « désemparée » de la responsable de « L’atelier sorcier ». Cette asbl poursuit un important travail sur le terrain de promotion du livre et de la lecture et n’obtient pas les subsides nécessaires à la poursuite de son projet.

L’image « touchante » d’un responsable du « Comité des usagers du Hainaut » qui entend rappeler à la Ministre que derrière les bibliothèques, se cachent de très nombreux lecteurs (électeurs...). Ceux-ci ont droit à un service de qualité...

Laurence Boulanger insiste sur l’aspect humain de la profession de bibliothécaire

L’image « militante » de Pascale Vanderpère, Bibliothécaire dirigeante à la Province du Hainaut, et de la Présidente de l’APBD, Laurence Boulanger qui rappellent, avec force et conviction, les enjeux démocratiques de la profession.

L’image de la Ministre à l’écoute, attentive malgré quelques fatigues passagères...

L’image du public, enthousiaste, fatigué, un peu grisé...

L’image du soir qui tombe sur la verrière de "passa porta" qui aura été le témoin de cet engouement, de beaucoup de rêves...

Utopies d’un soir ?

Françoise Vanesse

"passa porta" rue Antoine Dansaert à Bruxelles.Une maison des littératures mais aussi un lieu d’échanges...

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