• Django du Voyage

  • 8 avril 2013, par Sylvie Hendrickx

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  • Cet album photographique au texte engagé nous immerge dans une réalité à la fois brute et tissée d’imaginaire, poétique et interpellante, celle de Django le gitan et les siens.

DOROTHY-SHOES, Django du Voyage, Rouergue, 2011

Au creux de cet ouvrage somptueux tant par ses photographies pleine page que par son texte délicatement poétique, se dévoile, belle, profonde, fragile aussi… la rencontre de deux univers. Celui de Dorothy-Shoes, photographe française engagée et globe-trotter dans l’âme et celui de Django, jeune gitan dérangeant, attachant, désarmant même quelquefois par sa rudesse sensible. C’est en 2010, alors que le discours politique français s’envenime et se radicalise autour de la « question rom », que Dorothy croise la route de Django. Subjuguée par cet être qui « allume grand la lumière » autour de lui, elle décide de prêter sa plume, son objectif et son talent pour faire entendre sa voix et son histoire. Se rendant chez les siens à plusieurs reprises, elle capture leur quotidien en y mêlant la douceur de son imaginaire poétique, onirique et radicalement efficace ! Ces instantanés plein de vie et d’humanité, d’une beauté expressive et évocatrice, se laissent contempler et ouvrent un large espace de dialogue entre l’imaginaire de la photographe, celui de Django mais aussi le nôtre, en résonnance.
Ainsi les récits fragmentaires de Dorothy-Shoes qui entourent les photographies racontent eux aussi sur un ton personnel et dans un style limpide la réalité de ceux qui vivent à la marge de notre société et dorment « sous le ventre des trains ». A mille lieux des habituels clichés, la jeune photographe côtoie Django, nomade d’un seul département qui n’a jamais vu la mer et rêve de bâtir sa maison. A travers ses photographies et son texte, l’artiste s’interroge, questionne son propre regard, et nous livre aussi quelque chose d’intime, de l’ordre du témoignage personnel à travers le portrait d’autrui.
Au cœur d’un débat souvent très déshumanisé à force de stéréotypes, Dorothy-Shoes nous offre un véritable moment de grâce et d’empathie envers le peuple gitan et nous fait plonger corps et âme dans un univers empreint d’une beauté brute et fragile.

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