• D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain

  • 5 mai 2008, par Gérard Durieux

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  • Un nouvel ouvrage signé par l’exégète belge qui nous livre le fruit mûr d’un long dialogue de vingt ans, parfois tendu, avec les onze premiers chapitres de la Genèse.

WENIN André, D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain, Cerf, 2007

André WENIN est un éminent exégète et professeur belge qui, à la suite de Paul Beauchamp, Jésuite français décédé en 2001, s’efforce de lire les textes bibliques au plus près, pour en dégager avec un maximum d’acuité leur pertinence anthropologique.

Sur les enjeux et résultats de cette démarche, on peut lire son fort enrichissant dialogue avec le psychanalyste Jean-Pierre Lebrun dans Des lois pour être humain, (Eres, 2008).

Avec ce nouvel ouvrage, il livre le fruit mûr d’un long dialogue de 20 ans, parfois tendu, avec les 11 premiers chapitres de la Genèse. Texte immense et redoutable, objet d’interprétations théologiques, historicisantes ou catéchétiques rarement pertinentes, franchement dommageables, voire radicalement contraires à la dynamique d’Alliance qui traverse toute la Bible (cfr WENIN A., L’homme biblique, (Cerf, 2004).

Considérant l’unité de cet ensemble littéraire, l’auteur en donne une lecture narrative, minutieuse et globale, attentive aux grandes questions de la vie humaine que ce texte soulève et explore, au fil d’une histoire qui se raconte, la relation homme-femme, la violence fraternelle, la mort, la vie en société, le rapport à Dieu...

Car ces chapitres, porche d’entrée de l’édifice biblique, dénoncent les choix mortifères des humains avant de suggérer surtout les chemins de vie où le projet divin les invite à s’engager en liberté et en alliance.

Puisque « le texte biblique donne à penser sans jamais penser à notre place », nous sommes donc conviés à un patient effort d’élucidation respectueuse du récit considéré dans son caractère mythique, c’est-à-dire en tant qu’il parle de ce qui est constitutif et de central dans l’humain, en permettant de prendre du recul et de questionner les évidences.

Le gain de cette rude et exaltante lecture de texte est considérable. Les pages « couvertes de poussière », reprennent force et leur sagesse de vie se livre lentement. Pas à pas, on redécouvre que ce grand récit nous propose ce que la psychanalyse a dégagé comme les traits spécifiques qui structurent l’appareil psychique de l’être humain. Et qu’il donne à voir à qui y consent, un Dieu
« qui ne renâcle pas à rester au côté de son allié jusque dans ses erreurs, ses tromperies et ses violences, avec l’espoir insensé que la mort n’aura pas le dernier mot ».

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