• Compte-rendu du colloque organisé dernièrement par le CLPCF

  • 15 février 2005, par Françoise Vanesse

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  • Quels documents choisir pour nos bibliothèques et comment opérer le bon choix ? Faut-il trouver de nouveaux équilibres ? Comment élargir le public et avec quelles ressources ?
    Le lundi 24 janvier dernier, le C.L.P.C.F. organisait à la Bibliothèque royale Albert Ier un colloque qui abordait ces questions relatives aux politiques d’acquisition.
    Dans les lignes qui suivent, Guy Marchal, bibliothécaire au Centre Multimédia Don Bosco à Liège, nous livre un compte-rendu de cette journée de réflexion.


Martine GARSOU, directrice générale-adjointe du Service général des Lettres et du Livre, introduit cette journée composée d’ interventions de divers participants belges et étrangers et à laquelle participèrent de très nombreux bibliothécaires preuve de l’intérêt que revêtent ces sujets auprès de la profession.
Elle souligne combien les bibliothèques constituent un maillon fondamental dans la chaîne du livre, ce que - nous l’espérons - les budgets finiront par traduire ...

Elle évoque également et brièvement la récente enquête commanditée par les services du C. L. P. C. F. Celle-ci est destinée à évaluer les choix des bibliothécaires en matière de politique d’acquisition et à permettre de faire ressortir les problématiques intellectuelles, organisationnelles et budgétaires qui les préoccupent.

Bertrand CALENGE, conservateur général des bibliothèques en France qui a publié au Cercle de la Librairie un intéressant ouvrage traitant des politiques d’acquisition et qui dirige le « Bulletin des bibliothèques de France » (1) prend ensuite la parole dans un exposé intitulé « La complexité des collections est-elle soluble dans une politique d’acquisition ? ».

Lors de cet exposé un peu scolaire et « franco-français », il insiste sur la difficulté de diversifier les collections en tenant à la fois compte de chaque lieu de prêt et de consultation, et de la notion fondamentale de Réseau, avec ce que cela suppose de complémentarité et d’accessibilité aux informations utiles. Il est convaincu de la nécessité de s’adapter à l’évolution complexe des demandes et de jouer la carte de l’interdisciplinarité.
Retenons également l’idée que les lecteurs - dans un contexte donné - construisent le sens d’une collection, le bibliothécaire la nourrissant de son projet.
Favorable à une constante remise en question de chacun, Bertrand Calenge a le sens de la formule : « le bibliothécaire est comme un fleuriste fournissant un bouquet d’accès ... ».

Suit l’intervention d’un tout autre style, parfois surprenante voire « inquiétante » du néerlandais Henk DAS, directeur général de NBD-Biblion ( Nederlandse Bibliotheekdienst) à Den Haag (La Haye). Management et concentration sont les maîtres-mots correspondant le plus au contenu de sa présentation.

Son entreprise s’inscrit dans le processus de modernisation du service néerlandais des bibliothèques, s’étendant à des fonctions de librairie et d’édition, sans parler d’activités logistiques et techniques (reliure, ...).
Un logiciel spécifique a été créé et perfectionné.
Le but est d’innover en réduisant les prix ; les clients sont des bibliothèques, des écoles,
des entreprises.

- Moins d’un trimestre après publication, les bibliothécaires peuvent recevoir des nouveautés choisies par eux, reliées et nanties d’indications bibliographiques ;
- chaque livre est pourvu d’un « label », permettant le retour des ouvrages empruntés dans d’autres lieux que les bibliothèques, d’où un gain de temps, d’argent et de personnel.

Les améliorations se font néanmoins à notre avis aux dépens des petites librairies spécialisées et enlèvent une part du contact humain entre professionnels du livre et usagers.

Comme le soulignait Fernand Valkenborgh, c’est une conception plus « germanique, nordique » du service au public, donc moins appréciée par notre tempérament latin.

L’enquête réalisée par le C. L. P. C. F. a fait ensuite l’objet d’une déclinaison chiffrée et exhaustive, bien que sans prétention scientifique véritable : les ¾ des bibliothèques sollicitées (133 sur environ 180) ont répondu au questionnaire destiné à évaluer leurs choix en politique d’acquisition et à permettre de faire ressortir les problématiques intellectuelles, organisationnelles et budgétaires qui les préoccupent. Il serait ici trop long de reproduire ces résultats et commentaires qui feront d’ailleurs l’objet d’une parution ultérieure.

C’était aussi l’occasion de repréciser le contenu de l’Arrêté Royal du 14 mai 1995 définissant entre autres les missions des bibliothèques, et les normes en cette matière.
Parmi les souhaits exprimés, pointons les hausses de budget, la révision - simplification de la législation et des démarches administratives ainsi qu’un accès plus facile (gratuit ?) à Electre et à B N Opale (rêvons un peu...)

La matinée se termine par l’exposé très structuré de Michel TROUSSON, attaché au service de la Promotion des Lettres. Le thème de son intervention était la confection d’un projet juridique pour des marchés publics adaptés aux bibliothèques publiques.
Il insiste d’emblée sur l’interdépendance entre les deux acteurs principaux que sont les bibliothécaires et les libraires.
Les informations qu’il a développées sont utiles, essentiellement pour les communes (surtout pour les entités dépensant annuellement plus de 67 000 euros ... en achats
de livres et médias liés aux livres). Un cahier des charges est recommandé, avec au moins trois fournisseurs potentiels en concurrence ; la référence est bien sûr l’année civile.
Pour plus de détails, il est loisible de consulter le site www.marchespublics.be.

Quatre interventions pendant l’après-midi


Bernard LADURON, administrateur-délégué d’Interforum, relate la création, à l’initiative du Conseil du Livre, de l’asbl La Banque du livre accueillant paritairement éditeurs et distributeurs d’une part, libraires d’autre part.
Un peu comme Dilicom en France, La Banque du Livre est une base de données de la vie commerciale (mobile) du livre : disponibilité, prix, commandes, ... .

Le site www.banquedulivre.net, d’accès gratuit et mis à jour quotidiennement, semble mériter le détour ;

- la plupart des éditeurs belges francophones y sont repris ;

- les recherches par titre, auteur, éditeur et distributeur sont directes.

La présidente des Librairies francophones de Belgique, Chantal LIMAUGE, reconnue également pour avoir lancé Le Rat conteur, livre une courte (... hésitante) présentation des activités de son association. Elle fait un appel du pied aux bibliothécaires afin qu’ils agissent en partenariat avec les libraires, permettant aux goûts et attentes des lecteurs de « remonter » par ce canal jusqu’à eux.

Marie-Angèle DEHAYE, bibliothécaire en chef de la Bibliothèque centrale pour la Région Bruxelles-Capitale, dresse l’historique des bibliothèques et centres de prêt
en Région de Bruxelles-Capitale
- dont elle établit un portrait contrasté - et commente
les politiques d’acquisition mises en œuvre dans les dix-neuf communes bruxelloises ; une douzaine d’entre elles participent déjà au catalogue collectif informatisé régional.

Les bibliothèques publiques principales et locales, disposant de budgets souvent trop limités, développent des pratiques adaptées, ainsi que le décrit l’intervention du hutois Joël MATOT, directeur des Affaires générales de la lecture et du Livre de la Ville de Huy. Celui-ci s’est basé sur l’enquête réalisée auprès d’une dizaine de bibliothèques qu’il a choisi de contacter. En ressortent des considérations qui ont l’avantage de rappeler l’implication des bibliothécaires dans les choix d’acquisitions, cette tâche étant comme une pierre angulaire de leur métier.
L’objectif est également que chaque principale soit rehaussée d’une « bibliothèque
du bibliothécaire », accessible à ceux-ci et destinée à rencontrer leurs réels besoins
en matière bibliothéconomique notamment.

Pour conclure, Fernand VALKENBORGH, historien au CLPCF, réitère la nécessité pour les bibliothécaires et les libraires de collaborer. Il rappelle que l’intérêt du document doit pouvoir primer sur son prix et souligne l’importance de mieux toucher le public des actifs, sous-représentés parmi nos usagers.

(1) Bertrand CALLENGE, Les politiques d’acquisition. Constituer une collection dans une bibliothèque, Cercle de la librairie, 1994, 408p.

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