• Ce qui reste

  • 8 avril, par Françoise Vanesse

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  • Une immersion touchante et critique dans les souvenirs collectifs de l’immédiat après-guerre.

MALINCONI Nicole, Ce qui reste, Les impressions nouvelles, 2021

Autre combat, moins militant mais tout aussi capital, celui que l’on mène pour raviver l’enfouissement des souvenirs afin de les interroger en tant que témoins du temps passé et de ce qu’il en reste… Arrêt sur image avec ce récit touchant de vérités signé de Nicole Malinconi qui nous invite à renouer avec le vécu de la génération de l’après-guerre et la fulgurante évolution qui allait marquer, pour beaucoup, leur histoire. Cette histoire, cette petite histoire, c’est celle du quotidien, celle qui tapisse nos mémoires au plus profond, celle des décors aujourd’hui improbables, des conditions de vie, des habitudes, des gestes, des traditions, de cette vie de tous les jours et, par conséquent, des mentalités et de toute une organisation sociétale. Tout ce petit patrimoine immatériel si précieux fait de mots, d’expressions, de ressentis, de superstitions, de sons de cloches et de processions, l’auteure les sort du tiroir, les étale sur la table et nous convie à découvrir l’album photos inédit. Mais résumer ce récit à une énumération de souvenirs touchants serait réducteur. Car le regard que l’auteure pose sur ce chapelet de souvenirs est bien loin de se limiter à un tendre bouquet de nostalgies ! Et si une bonne part de ces évocations sont certes émouvantes, attendrissantes ou amusantes, l’auteure n’hésite pas, grâce à un ton allusif parfois moqueur ou incisif, à s’interroger sur les coutumes de ce passé qu’elle ne sacralise d’ailleurs à aucun moment. Bien au contraire, certains épisodes mettent au jour les préceptes d’un fonctionnement social sur lequel elle pose un regard résolument critique. Enfin, soulignons l’intéressante option stylistique qui, par un récit jamais en « je », invite « ceux qui restent », nous lecteurs nés après la guerre, à nous immerger dans ce récit, à nous y poser calmement et à prendre très aisément notre place comme s’il s’agissait d’un décor familier auquel nous nous identifions sans peine. Et bien légitimement, d’avoir envie, à notre tour, de livrer ce qui reste pour nous…

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