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  • Banlieue noire

  • 27 octobre 2006, par Gérard Durieux

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  • Une évocation réaliste de la quotidienne « fracture sociale » qui échappe heureusement au simple regard sociologique, par la grâce d’une écriture sobre jusqu’au minimalisme mais efficace à donner vie à une galerie de personnages attachants

THOMTE Ryan, Banlieue noire, Présence africaine, Paris, 2006

Préfacé d’une plume engagée par Lilian THURAM, « le défenseur », le premier roman de cet auteur venu du Tchad, offre une lecture double. Côté pile, sur le versant de l’humour et de la tendresse, il raconte « Le petit monde de Seb » ; côté face, celui du pessimisme, c’est la chronique d’un échec annoncé. C’est assez dire que cette évocation réaliste de la quotidienne « fracture sociale » échappe au simple regard sociologique, par la grâce d’une écriture sobre jusqu’au minimalisme mais efficace à donner vie à une galerie de personnages attachants. Un ton tantôt rageur, revendicateur, d’humour grinçant, accablant ; tantôt résigné, défaitiste jusqu’au fatalisme.

Sébastien, béninois de souche vit en banlieue parisienne dans une famille adoptive. Il a 16 ans, il est doué pour le foot. Il nous raconte ici les trois jours qui ont précédé le match au cours duquel il devait être visionné par d’importants sélectionneurs. Son rêve de s’en sortir va se réaliser. Du moins le croit-il.

Mais la banlieue le tient. Cette cité « qui pue la faim » et où il se sent chez lui « comme une pierre en Palestine ». Monde de menteurs, truqueurs, buveurs ; de frasques, de bagarres et de provocations ; de drague et de drogue... Mais aussi, mais surtout un univers de relations : Jean, le copain philosophe et silencieux, calme et serein. Paul, le vieil entraîneur dur mais juste ; Boubacar, revenu de tout, le grand frère protecteur ; Farid, Christophe, Claire... et la mère « qu’un jour il fera reine ».

Bref, « Quelques temps de la vie de Seb et compagnie » qui virent au drame.

Inéluctable ? Sans doute pas, suggère l’auteur. Certes, il aurait fallu entendre l’avertissement silencieux de l’étrange monsieur Omar, figure symbolique de veilleur qui traverse le livre : « Il parle tout seul en vous fixant dans les yeux comme s’il vous parlait à vous... ». Comme pour prévenir ces jeunes inconscients du malheur qui les menace.

Mais peut-on leur en vouloir de ne pas comprendre ce qu’il crie de la mort traversée ; de se moquer de lui, comme on se défend d’un idiot ? « Comment voir clair dans l’obscurité ? ». Omar a échoué. Seb prend sa place.

Ecouterons-nous son histoire, son cri, son silence ?

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