• Avec Michel Defourny, chercheur et critique

  • 7 octobre, par Françoise Vanesse

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Littérature de jeunesse et quête de sens

C’est dans sa maison à Herstal abritant une partie de son impressionnante collection que nous rencontrons Michel Defourny, critique de renommée internationale en littérature de jeunesse qu’il enseigna à l’Université de Liège et en Haute Ecole. Avec un authentique sens du partage, ce docteur en Indologie, pédagogue hors pair, chercheur mais également homme de terrain, retrace les multiples spécificités de la littérature de jeunesse ainsi que la meilleure reconnaissance dont bénéficie ce secteur depuis une dizaine d’années. Et plus notre conversation fait son chemin, plus nous percevons le projet profondément humaniste qui sous-tend son indéfectible passion pour ce secteur émancipateur qu’il envisage comme un formidable vecteur d’éveil à l’imaginaire et à la quête de sens.

F.V. Depuis quelques années, le statut de la littérature de jeunesse connaît des avancées majeures et bénéficie d’une meilleure reconnaissance grâce, notamment, à vos nombreux travaux ainsi que vos actions concrètes. Quelle serait celle que vous souhaiteriez pointer en premier ?

M.D. Il est vrai que, depuis une dizaine d’années, la littérature de jeunesse jouit d’une meilleure visibilité et d’une valorisation significative chez nous, en Fédération Wallonie-Bruxelles. D’un point de vue personnel, j’ai eu la chance d’assumer, de 2004 à 2009, la fonction de chargé de mission à la Direction générale de la Culture, Service général des Lettres et du Livre, sous le Ministère de Fadila Laanan. La littérature de jeunesse, jusque-là, souffrait d’un important déficit de reconnaissance et c’est afin de remédier à cette situation que la ministre a fait appel à mes services. Ces cinq années passées au ministère ont débouché sur un ensemble d’avancées importantes concrétisées grâce au soutien de Martine Lahaye et de Martine Garsou.

F.V. De quels projets s’agit-il ?

M.D. Tout d’abord, nous avons souhaité que soit mis en place un site internet entièrement consacré à la littérature de jeunesse et, parallèlement, nous avons instauré les bourses de soutien à la création que ce soit pour les auteurs ou les illustrateurs. Ensuite, le Grand Prix triennal de Littérature de Jeunesse a été promulgué et j’aime rappeler que la première lauréate fut cette créatrice extraordinaire, l’artiste Kitty Crowther. Par ailleurs, nous avons initié un projet qui encourage la visite des auteurs dans les écoles supérieures d’enseignement pédagogique. Il est vrai que ces cinq années au ministère ont été un moment de transformation pour le statut de cette littérature envisagée jusque-là comme une production de deuxième classe et, assurément le parent pauvre au niveau de l’octroi de subsides. Aujourd’hui, tout ce travail accompli est prolongé par une équipe dynamique qui assure le futur en faveur non seulement de la lecture mais également de la création.

F.V. Bien avant cela, vous aviez instauré un cours d’histoire de la Littérature de jeunesse à l’Université de Liège. Un projet qui, à l’époque, apparaissait comme pionnier en la matière ?

M.D. Certes, pionnier et je dirais même plus, complètement saugrenu ! Or, de nombreuses universités étrangères avaient déjà pris le sujet en considération. Ainsi, pour vous citer un exemple, Peter Nemeyer avait introduit à Harvard un cours similaire autour des années septante ! En France, Marc Sorriano, Jean Perrot et Isabelle Nières ont, également, développé un secteur important de littérature de jeunesse qui a débouché sur l’émergence de doctorants dans la discipline ainsi que sur l’organisation de différents cours dans les principales universités du pays. Chez nous, cette matière qui est aujourd’hui confiée à mon successeur, Daniel Delbrassine, reste un cours de trente heures qui mériterait, vu son intérêt, qu’on lui octroie davantage d’ampleur.

F.V. C’est précisément votre importante préoccupation pour la médiation qui est à l’origine du Centre de Littérature de Jeunesse de Liège créé en 2010, et qui représente, lui aussi, une avancée déterminante en matière de valorisation de la littérature de jeunesse en Fédération Wallonie-Bruxelles ?

M.D. La genèse de cette structure s’enracine en effet dans un constat fait par Chantal Cession, alors libraire à « La Parenthèse » et co-fondatrice du Centre. Lors de ses contacts avec certains étudiants, elle déplorait leur difficulté à se procurer certains livres et documents nécessaires à leurs travaux. C’est donc dans cette perspective d’une meilleure médiation visant la consultation de mes collections que nous avons eu l’idée de créer ce Centre de Littérature de Jeunesse dont le concept a rapidement évolué.

F.V. C’est-à-dire…

M.D. En effet, bien que, dès le début, nous ayons été rattachés à une bibliothèque de conservation patrimoniale liégeoise, la Bibliothèque Ulysse Capitaine, très vite, nous nous sommes dit qu’il ne fallait pas que cette collection reste uniquement un fonds de conservation ! La questionner et la faire rayonner était primordial à nos yeux et c’est la raison pour laquelle la dénomination « Ateliers du Texte et de l’Image » est venue compléter l’appellation de départ. Cette structure est en effet, avant tout, un outil. Un outil qui permet, au départ des collections, de mettre en place des formations, des projets d’animations sur des thèmes transversaux voire des expositions qui font découvrir, par exemple, la démarche d’un artiste, d’un éditeur ou d’un illustrateur. Car, au-delà de l’importance de l’aspect littéraire de ce fonds, il faut garder à l’esprit cette grande ouverture vers l’expression graphique que constituent ces albums qui sont des œuvres de création sans frontières et pour tous les publics.

F.V. Cette absence de cloisonnement est en effet un aspect que vous souhaitez promouvoir tant par la diversité de vos projets que par la pluralité des publics qu’ils touchent ?

M.D. En effet, les projets que nous proposons s’adressent à un public très large que ce soit des étudiants d’enseignement pédagogique ou artistique mais également des professionnels d’ateliers créatifs, de CEC et, bien entendu, des bibliothécaires. Cette dimension d’ouverture m’apparaît primordiale ! Une de mes inquiétudes est en effet que la littérature de jeunesse soit transformée en ghetto. De ce fait, j’ai toujours souhaité bien mettre en évidence l’ensemble de ses dimensions : littéraires, artistiques, pédagogiques et, bien entendu, par-delà la lecture, une fenêtre ouverte sur la réflexion critique et donc sur l’émancipation.

F.V. Après dix ans de fonctionnement, comment voyez-vous l’évolution de votre Centre de Littérature de Jeunesse ?

M.D. Au départ, ce projet paraissait impossible dans la mesure où nous n’avions pas de moyen. Heureusement, la Ville de Liège nous a proposé de nous héberger et, ensuite, nous avons été reconnus par le Ministère de la Culture et obtenu un contrat triennal qui sera renouvelé cette année. Si le budget de fonctionnement a légèrement augmenté, de nouvelles sources de financement seraient néanmoins nécessaires pour accomplir les multiples missions qui sont les nôtres.

F.V. Quels seraient vos souhaits en la matière ?

M.D. Compte tenu de l’ensemble de nos activités qui touchent des secteurs très variés, à la fois l’enseignement, le monde artistique, la lecture publique, nous aimerions pouvoir engager une deuxième personne, ce serait idéal. Nous nous sentons parents pauvres alors que les deux autres Centre de Littérature de Jeunesse de La Louvière et de Bruxelles fonctionnent avec davantage de personnel. Or, l’urgence politique est bien réelle ! Car le combat pour la lecture, c’est le combat contre l’exclusion, pour la liberté de pensée et l’épanouissement de la personne.

F.V. Une bonne nouvelle est celle relative à votre futur déménagement lié au vaste plan de réorganisation des bibliothèques patrimoniales et muséales de la Ville de Liège.

M.D. En effet, nous allons enfin gagner de la place car un grand déménagement se prépare. Il est programmé pour la fin de cette année ! La Bibliothèque Ulysse Capitaine et le Centre de Littérature de Jeunesse, les bibliothèques muséales et patrimoniales de la ville, vont en effet emménager à l’ancien Musée St Georges. En ce qui nous concerne, nous étions au bord de l’étouffement car notre fonds atteint aujourd’hui les septante mille volumes. Sans compter un nombre encore considérable que je stocke ici à la maison ainsi que de nombreuses affiches, œuvres et objets indissociables du fonds.

F.V. Cet espace permettra enfin de mieux valoriser cette impressionnante collection…

M.D. Bien sûr, cette nouvelle organisation va nous permettre d’encore mieux valoriser nos collections mais aussi de mettre, enfin, en évidence une de ses caractéristiques essentielles, peut-être moins connue, et relative au contexte socio-culturel qu’elle recèle. En effet, aux côtés de l’impressionnante collection de livres jeunesse vient s’ajouter un lot d’ouvrages relatifs à la création artistique, mobilier, peinture, actes de colloques, catalogues d’expositions, contemporains de la parution de ces albums. C’est en effet tout un regard sur une époque et une ouverture au monde que nous proposons ! Enfin, j’insiste sur la dimension internationale de cette collection qui pourra, enfin, être mise en valeur grâce à cette nouvelle infrastructure.

F.V. Cette dimension internationale semble vous tenir particulièrement à cœur ?

M.D. Bien entendu, cette notion est primordiale à mes yeux ! Je suis en effet persuadé que la remise en question de nos certitudes et de nos valeurs que permet cette littérature de jeunesse si émancipatrice, passe par une vision pluraliste et internationale. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours essayé, dans la mesure du possible, de proposer des livres qui viennent de différents pays : Inde, Japon, Chine, Brésil, Mexique. Je suis vigilant également à introduire cette même ouverture au niveau des traductions et des éditions originales.

F.V. Il est également question d’une reconnaissance internationale avec ce projet d’envergure, que vous avez porté, et relatif à l’inscription en 2017 des « Archives du Père Castor » sur le registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO. Quels sont les enjeux de ce projet ?

M.D. Les albums du Père Castor constituent un exemple emblématique du rôle primordial que peut jouer l’édition sur le plan de l’ouverture internationale, démocratique et comme source d’épanouissement de l’enfant. Leur reconnaissance par l’Unesco et leur inscription sur le registre "Mémoire du monde" est une formidable valorisation pour cet audacieux projet éducatif et éditorial qui constitue une étape déterminante dans l’histoire du livre jeunesse. Mais cette décision de l’Unesco va bien au-delà car elle permet une meilleure visibilité à l’ensemble de la littérature de jeunesse qui a toujours souffert de son statut et du regard condescendant qu’une certaine "intelligenstia" lui portait encore dans les années 50. Par cette décision de reconnaissance, l’Unesco consacre à cette littérature un statut culturel à part entière et c’est extrêmement réjouissant.

F.V. Concrètement, qu’est-ce que cette décision représente ?

M.D. Un important statut d’honorabilité ! Aucun subside n’est directement octroyé mais, par cette reconnaissance, les instances nationales sont appelées à prendre des dispositions et c’est donc en termes d’encouragement et de coup de pouce, qu’il faut la percevoir. Cela crée des obligations de conservation, des expositions sont organisées. Les prochaines prévues sont à Nantes et à Limoges. C’est aussi un soutien aux rééditions et, précisément, un des albums emblématiques paru chez le Père Castor, le Je découpe de Nathalie Parain, vient d’être réédité à la Tate Modern de Londres.

F.V. Cette thématique de la réédition vous préoccupe également. En quoi ce sujet est-il primordial à vos yeux ?

M.D. En effet, la réédition a toujours fait partie de mes préoccupations car je suis convaincu qu’une grande œuvre doit défier le temps et que de trop nombreux albums ne sont pas réédités pour des raisons parfois purement commerciales. Or, ils peuvent parler avec force aux lecteurs d’aujourd’hui ! Cette démarche qui vise à encourager des éditeurs à rééditer certains titres est un travail de longue haleine. Ainsi, il m’a fallu dix ans pour convaincre l’éditeur Paul Fustier de Circonflexe de rééditer, en 1990, Macao et Cosmage, ce chef-d’œuvre qui n’avait jamais été réimprimé depuis sa parution aux éditions de la Nouvelle Revue Française en 1919. Ma satisfaction fut totale lorsque, l’année dernière, le Musée du Quai Branly le mentionnait dans un de ses catalogues comme un album incontournable qui prend ses distances par rapport au colonialisme.

F.V. Et la production actuelle en littérature de jeunesse, comment l’envisagez-vous ?

M.D. L’ouverture internationale est très importante et constitue à mes yeux un élément capital et très vivifiant ! On remarque en effet un renouvellement important au niveau graphique, on ose le désordre, on souhaite rompre avec une notion traditionnelle du beau et de véritables artistes s’emparent de la couleur à des fins picturales. Tous ces éléments sont très encourageants. Le point faible reste la pléthore d’ouvrages qui induit une grande difficulté à dénicher la perle et ce, non seulement pour le grand public mais aussi pour nous, spécialistes. Beaucoup de répétitions, d’imitations, donc on assiste à une saturation très révélatrice d’ailleurs de notre société de surproduction. Il n’empêche que la littérature de jeunesse demeure un important lieu de créativité et que, lorsque le temps aura fait son travail, il restera l’essentiel.

F.V. Au sein de cet important vivier, le travail de sélection accompli par les bibliothécaires reste primordial...

M.D. Bien sûr, les bibliothécaires suivent la production, échangent, débattent, publient des sélections et on ne peut que les encourager à continuer car leur rôle est capital. Seul, on se laisse enfermer par ses goûts ! Or, c’est à travers l’échange que l’on peut affiner son jugement. C’est au départ des réflexions et points de vue de chacun que l’on trouve et construit le sens. J’encourage toujours le débat qui débouche sur ces notions fondamentales d’ouvertures et de créations de ponts qui me sont particulièrement chères.

F.V. Précisément, puisque vous évoquez cette notion de ponts, quel lien pourriez-vous établir entre les deux facettes de votre profil professionnel ? En effet, homme de recherche aux nombreuses distinctions, vous êtes également un infatigable constructeur de projets. Quelle part de votre profil vous correspond le plus ?

M.D. Je dirais qu’il s’agit d’un va et vient continuel : d’une part la réflexion et, d’autre part, le besoin de concrétisation. Me cantonner uniquement dans la réflexion théorique, ce ne serait pas moi ! Ce besoin de terrain, je l’ai toujours ressenti et l’ai d’abord pratiqué dans le domaine de l’Indologie. Après mon doctorat, j’ai en effet éprouvé la nécessité de confronter mes apprentissages et, avec mon épouse Bernadette, nous avons vécu deux ans en Inde. J’étais alors le premier universitaire liégeois à travailler sur le terrain indien. Je ressens le même besoin au niveau de mon approche avec la littérature de jeunesse car je reste perpétuellement attentif à ses destinataires, les enfants, les adolescents mais aussi les médiateurs. D’où la nécessité pour moi de confronter le livre à ses publics et de déboucher sur des projets de terrain.

F.V. Vous venez d’évoquer votre expérience de vie en Inde. En quoi ces modèles sociétaux vous plaisent-ils ?

M.D. Ce qui me fascine c’est de constater à quel point leurs modèles sont extrêmement différents. Ainsi, si vous ouvrez Un voyage inoubliable de Bhajju Shyam, vous découvrez un regard complètement décalé sur nos propres habitudes. Ce recul nous permet non seulement de mieux comprendre l’autre mais aussi de porter un regard critique sur nous-mêmes, ce qui est très passionnant.

F.V. Qu’en est-il de la production en littérature de jeunesse dans ce pays ?

M.D. Le monde de l’édition jeunesse en Inde est en perpétuelle évolution et, pour illustrer ce constat, je citerai l’initiative de l’éditrice de la maison Tara books, Gita Wolf, qui entend revaloriser le patrimoine tribal. Elle s’adresse à des artistes qui étaient disqualifiés dans la structure sociale indoue et indienne traditionnelle et introduit dans l’album pour enfants leurs codes de représentations. Ce qui nous vaut des images d’une qualité plastique tout à fait étonnante qui nous permettent de redécouvrir un art menacé de disparition par le développement fulgurant de la vie contemporaine.

F.V. Plus près de chez nous, l’année dernière, la Ville de Liège vous a octroyé le titre de « Citoyen d’honneur ». Comment avez-vous vécu cette reconnaissance ?

M.D. Cette récompense visait plus particulièrement mon travail d’universitaire mais également l’ensemble des démarches que j’ai accomplies vis-à-vis de la Ville de Liège par le don de mes collections. Mais, à travers l’octroi de ce titre honorifique, c’est la reconnaissance de la littérature de jeunesse dans sa globalité et de tous ses médiateurs qui me semblait importante : Chantal Cession, co-fondatrice du Centre, Brigitte Van den Bossche, actuelle coordinatrice et, bien entendu, l’ensemble de tout un réseau de professionnels, de bénévoles et de lecteurs qui travaillent à éveiller chez les jeunes l’intérêt pour la lecture et l’éducation au regard. Voilà le sens que j’ai donné à ce Prix : il nous envoyait le signal que la Ville de Liège se montrait sensible à l’ensemble de ce formidable secteur. C’est dans cet état d’esprit de partage et de coopération que je l’ai reçu.

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Les coups de cœur artistiques de Michel Defourny

  • Un album ?
    Max et les Maximonstres de Maurice Sendak.
    Un album qui, avec ses accents mythiques, a bouleversé toutes mes représentations de la littérature de jeunesse alors que préparais ma thèse de doctorat en mythologie hindoue à Paris. Ce voyage dans un lointain qui n’est autre que dans les profondeurs de soi m’a fait découvrir que le livre pour enfants pouvait aborder des thèmes graves. Lors d’une mission au Rwanda sur le thème de la réconcilation, l’un des participants s’est exclamé : « c’est notre histoire qui est ici racontée. »
  • Une musique ?
    Parmi mes émotions primordiales qui remontent à mon adolescence, alors que je fréquentais le festival liégeois « Les Nuits de Septembre », je citerai le Deller Consort qui m’a sensibilisé à la beauté des sonorités oubliées de la musique Elisabéthaine.
  • Un film ?
    Les Damnés de L. Visconti qui relate la montée du nazisme et ce, tout en résonnance, avec nos inquiétudes actuelles…
  • Une œuvre d’art ?
    La Dancing girl de Morenjo Daro, une statuette de bronze âgée de 2500 ans avant J-C, l’une des rares sculptures de la civilisation urbaine de la vallée de l’Indus. Suite à une visite au National Museum de New Delhi dans le cadre de mes recherches en Indologie, mon épouse et moi avons eu le privilège de tenir cette menue statuette dans la paume de nos mains ; nous avons profondément été émus.

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