• Autisme

  • 18 octobre, par Sylvie Hendrickx

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  • Un roman fougueux, plein de mordant et d’ironie, qui aborde l’autisme à bras le corps

ROMAO Valério, Autisme, Chandeigne, 2016

Ce roman s’ouvre sur une scène de désarroi : un grand-père apprend que son petit-fils Henrique a été renversé par une voiture devant son école. Il faut prévenir les parents, Rogério et Marta, et se rendre aux urgences. Des heures durant, cette famille, confinée dans l’espace clos d’un couloir d’hôpital, va vivre une attente interminable. Au cours de celle-ci, par le biais de scènes de flashback, se dessine la vraie thématique du roman : la confrontation de parents face à l’autisme de leur enfant.
En effet, l’angoisse et la douleur de cette hospitalisation soudaine vont peu à peu laisser place dans leur esprit à une autre souffrance, plus lointaine, plus dense. Ce couple se remémore l’enfance particulière d’Henrique, son autisme et l’insupportable solitude qui l’accompagne. Solitude d’Henrique bien sûr mais aussi isolement de chacun des membres de sa famille, noyé dans un ressenti de colère et de tristesse né des premiers doutes, des premiers rendez-vous médicaux, et des premières révoltes, jusqu’à cette terrible certitude : la vie de leur fils – et donc la leur – ne sera jamais comme celles des autres. Aussi ce roman dense, polyphonique et poétique dresse-t-il un lourd constat quant à l’absence totale d’encadrement des familles.

Et si ce roman bouleverse, ce n’est pas seulement en raison de son sujet, mais aussi de sa forme. Le politiquement incorrect du récit comme du style très oral, parfois cru, dérange, agresse et chamboule un lecteur qui, constamment ébranlé, ne peut demeurer indifférent.

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